L'avenir culturel en France : de quoi glacer les sangs...

Nicolas Gary - 19.05.2019

Edition - Société - extinction culturelle - auteurs campagne - action réformes


Sans créateurs et créatrices, pas de culture française. La campagne Extinction culturelle, lancée par de nombreuses organisations professionnelles d’auteurs, poursuit son action. La Ligue des auteurs professionnels vient d’annoncer six courts films engagés, aussi humoristiques que glaçants, dessinant l’avenir de la France et de sa culture si les conditions de création ne cessent de se dégrader. 


crédits : Coliandre

 
Le premier vient de sortir : à la réalisation, Léa Frédeval, au scénario, Xavier Dorison. L’humour est corrosif, la situation des plus explicites. Entre l’explosion des cotisations sociales et la dégradation rapide des rémunérations, les auteurs du livre en particulier sont dans une situation qui devient dramatique. 
 

Retraite, cotisations : le marasme


C’est d’ailleurs en découvrant combien la réforme des retraites serait catastrophique pour les auteurs, et probablement lourde de conséquences pour l’industrie du livre dans son ensemble que l’opération Extinction culturelle fut amorcée.

Après une rafale de dessins présentés sur le site — tous fruits de l’illustration par des auteurs de leur propre vision de choses — la série de vidéos insiste sur l’apport créatif auteurs du livre. Maillon premier, donc essentiel, de l’industrie culturelle, il est également celui qui subit de plein fouet les différentes réformes sociétales. 

« L’opinion publique n’a pas forcément conscience que si notre profession disparait, c’est la culture française entière qui s’effondre. En tant qu’auteure, réalisatrice et scénariste, il était évident pour moi de répondre à l’appel de la Ligue des auteurs professionnels », indique Léa Frédeval.
 


Entre les brusques réformes spécifiques au régime social des artistes auteurs au 1er janvier 2019, les réformes transversales qui ont atteint de plein fouet le pouvoir d’achat de cette population, avant que ne soit bricolé en retard une compensation pour la CSG par exemple, c’est tout un système qui semble à bout de souffle.
 

Inspirer, expirer, concerter


« Si ces réformes font jaillir un tel mal-être social, c’est évidemment du fait qu’elles ont été décidées sans concertation, qu’elles ne correspondent pas à la réalité des métiers des créateurs et créatrices aujourd’hui, ni à la totale imprévisibilité et irrégularité des rémunérations en droit d’auteur », poursuit-elle.

« Ces réformes agissent aussi comme un révélateur : révélateur des conditions de création désastreuses des auteurs et autrices de livre en France. Il est donc impossible d’opérer des changements aussi profonds par morceaux. Une vision d’ensemble réfléchie, un diagnostic sans concession et des mesures concrètes et rapides sont essentiels si on veut recréer des conditions de création dignes de notre pays. »

Depuis le 9 avril, Bruno Racine a été missionné par le ministre de la Culture, pour un audit de la situation des artistes auteurs, avec pour objectif une série de propositions. « Cette réflexion devra permettre d’adapter les politiques publiques existantes en faveur des artistes, auteurs et créateurs, en proposant de nouvelles orientations d’action publique si cela se révèle nécessaire », indiquait Franck Riester dans sa lettre de mission. 

Plusieurs auditions ont déjà eu lieu, et quelques propositions concrètes émanent déjà… des principaux intéressés.


L’Extinction culturelle est portée par le SFAAL, l’Alliance ALF, Central vapeur, Seéquences7, l’UPP, l’ATLF, La Guilde française des scénaristes, Écrivains associés du théâtre, Les États généraux de la bande dessinée, le SNAC BD, la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, la Ligue des auteurs professionnels. (plus d'informations)


Commentaires
1 - Qu'est-ce qu'on veut ? Du fric.

2 - Quel livre rapporte encore du fric ? Le best-seller.

3 - Voilà.



Nous on réfléchit en terme de protection. Mais c'est de plus en plus incompatible avec le système dans lequel on vit qui veut toujours plus de fric toujours plus vite. C'est une lutte sur le plan idéologique, politique. Cette lutte est perdue d'avance parce que l'attraction du jouir est bien plus puissante que celle du désir. Le livre c'est le désir. Il faut être patient, le sentir monter. Le fric veut accélérer le temps. Notre problème c'est le temps sous toutes ses acceptions, pas les discussions molles et infantiles avec des autorités méprisantes qui ont déjà abdiqué depuis belle lurette face au pouvoir réel de l'économie qu'elles servent avec moult courbettes, poignées de mains viriles et sourires écarlates.
Après le développement de l'imprimerie, les moines copistes se sont fait une raison.

La télévision a t'elle pris la place du cinéma et la photographie celle de la peinture ?

quant la novlangue des réseaux internet c'est comme l'ancienne :

la meilleure et la pire des choses
Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.