L'avenir des éditions La Courte échelle en suspens

Julien Helmlinger - 09.10.2014

Edition - Les maisons - La Courte échelle - Maison d'édition - Finances


Au Québec, les activités des éditions La Courte échelle, qui verse dans tous les genres et notamment la littérature jeunesse, sont temporairement à l'arrêt depuis le 23 septembre. Les employés ont été mis à pied, y compris tout le personnel de ses filiales La Mèche et Parfum d'encre. La directrice Hélène Derome a pris la décision de rester seule aux commandes, « le temps de trouver une façon de restructurer l'entreprise », et les écrivains s'inquiètent désormais de la gestion de leurs droits d'auteur. 

 

 

 

Plus de 35 ans après sa fondation, la maison québécoise est aujourd'hui riche d'un catalogue de près de 700 titres, que ce soit en catégories jeunesse, dont les droits s'exporteraient particulièrement bien pour La Courte échelle, mais aussi fiction pour adultes, ou encore littérature de pointe sous le label La Mèche, et livre pratique aux éditions Parfum d'encre. Mais il s'agirait également d'une maison qui aura contribué à forger les jeunes lecteurs.

 

Ainsi, France Desmarais, directrice générale de Communications-jeunesse, organisme faisant la promotion de la littérature jeunesse au Québec, explique que « la maison a été une des premières à mettre en scène dans ses livres des jeunes en action ; à utiliser un français impeccable, mais parlé, afin que les jeunes s'y reconnaissent. [...] Il y a quelques années, ils se sont mis à faire de la poésie pour adolescents. Il y a toujours une belle audace dans cette maison ».

 

Désormais elle est la proie d'ennuis financiers, notamment causés par de multiples changements de distributeurs, et des retours massifs de livres invendus suite à la mise sous la protection de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité de Messageries de presse Benjamin, qui assurait la distribution. Pour l'heure la directrice ne sait pas encore quelle direction va prendre la maison, que ce soit celle de la revente, à un ou plusieurs éditeurs, de la fermeture voire de la faillite.

 

Des auteurs inquiets

 

L'inquiétude est donc de mise parmi une partie des auteurs publiés par la maison. Dans un entretien publié ce mardi par Le Devoir, Hélène Derome a déclaré : « Pour l'instant, j'aimerais faire en sorte que ça puisse continuer sous une forme ou une autre. [...] La première préoccupation, ce sont les auteurs : on doit s'assurer que les œuvres perdurent et soient protégées. »


L'union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) a quant à elle déclaré qu'elle entendait suivre de près le dossier. Le directeur général de l'association, Francis Farley-Chevrier, s'est exprimé sur le sujet : « Nous avons reçu plusieurs plaintes et des appels d'auteurs inquiets. On reste très attentif à ce qui se passe : on a avisé les subventionneurs de nos préoccupations et de l'inquiétude palpable des auteurs de la Courte échelle, et on observe ça de très près. »

 

Les plaintes dont fait état Francis Farley-Chevrier concernent principalement des droits d'auteurs non payés, reportés, ou payés en retard, tandis que les livres du catalogue continuent d'être diffusés normalement en librairies.

 

Ci-dessous, une vidéo présentant l'histoire de l'éditeur :