L'ebook comme Cheval de Troie au service des publicitaires du livre

Julien Helmlinger - 29.10.2013

Edition - International - Marketing - Recommandation - Découverte


Si on peut trouver des raisons de s'enthousiasmer face aux promesses portées par les technologies du livre numérique, il faut également compter avec les commentateurs plus réactionnaires qui en pronostiquent les dérives futures. Ainsi en est-il de l'auteur de science-fiction Charles Stross, qui animait un débat dernièrement à Francfort quant à l'avenir du bouquin, de sa création à sa consommation. Celui-ci redoute que l'ebook ne devienne à terme un véritable Cheval de Troie menant les publicitaires au sein de nos bibliothèques personnelles.

 

 

La publicité tue ?

Creative Commons via Flickr (cc by 2.0) par Arturo de Albornoz

 

 

Pour l'auteur de science-fiction, à l'avenir, le lecteur d'ebooks n'aura plus besoin de parcourir les rayons des magasins et autres catalogues en ligne pour trouver son bonheur, tout comme son malheur, car des suggestions de livres s'inviteront d'elles-mêmes au sein des bibliothèques numériques des consommateurs... sous forme de spams.

 

Plus catastrophique encore, il imagine des messages publicitaires intempestifs s'accompagnant de malwares destinés à explorer les contenus de nos bibliothèques, afin de répandre des extraits publicitaires ciblés sur nos habitudes de lectures, et autres critiques favorables dans toutes les communautés de lecteurs. Par extension, il imagine également des algorithmes générateurs de textes, capables de nous pondre des livres artificiels en fonction du contenu de nos catalogues personnels.

 

Une perspective effrayante, peut être dramatisée à l'extrême, mais finalement pas si loin de la réalité actuelle. On retrouve en effet de plus en plus de livres composés à partir de Wikipédia et autres contenus Open Source, et les robots auteurs ne seraient pas en reste comme nous l'apprenions notamment pour les Haikus ou encore pour voir son bouquin composé en 15 minutes... quand la publicité directement glissée dans les livres est d'ores et déjà une réalité expérimentée par les annonceurs.

 

L'auteur nuance son propos apocalyptique en avançant l'idée que certains écosystèmes clos, comme celui populaire du Kindle, limiteraient pour le moment la quantité de code actif possible dans un ebook et donc l'insertion de messages intempestifs. Une protection, du moins le temps que les firmes ne décident pas de les débrider pour en faire des canaux publicitaires.

 

A noter toutefois que tout usager qui reçoit des spams sur ses appareils n'est pas forcément un acheteur compulsif au point de se ruer sur le magasin le plus proche entre deux clics. Qui dit davantage de messages publicitaires dit également plus de brouhaha communiquant, tandis que les consommateurs lassés des messages publicitaires pourraient éventuellement avoir tendance à ne plus y prêter d'attention...