L'école de la République forme les élèves à la lutte contre le piratage

Clément Solym - 17.04.2019

Edition - Justice - élèves école piratage - France contrefaçon - programmes scolaires piratage


Les élèves français sont-ils des pirates accomplis, sans aucune retenue ni préoccupation du respect de la propriété intellectuelle ? Christophe Blanchet (LREM - Calvados) avait sollicité sur ce point Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse. Réponse édifiante du ministre : on fait ce qu’on peut…

Pirate
ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 
Fin 2018, le député Blanchet s’inquiète : une étude de l’Office de l’Union européenne semble indiquer que le piratage va bon train chez les jeunes. Les 15/24 ans seraient 27 % à avoir « sciemment accédé à des contenus provenant de sources en ligne illégales ». 15 % auraient acheté volontairement une contrefaçon. Et 41 % trouvent que le piratage se tient, si le prix légal est trop élevé. 

Mais le plus significatif, insistait le parlementaire, reste que l’école ne les formerait pas au respect de la propriété intellectuelle. Et si le lycée est censé faire étudier ce droit, les programmes n’en feraient pas état, pas plus que les manuels. Alors, la France forme-t-elle, malgré elle, des générations de pirates sans scrupules ?
 

L'honneur de la République


La réponse du ministre est sans appel : « La défense du droit d’auteur et de la propriété intellectuelle est essentielle, car elle garantit l’innovation et la qualité de la création. » Et d’évoquer « une vigilance sans faille » pour y parvenir. 

Contrairement aux allégations du parlementaire, le ministre se drape : l’école mène « une action pédagogique régulière », pour que les jeunes esprits soient sensibilisés à la question. Il évoque les différents pratiques et enseignements, notamment à travers une pratique du numérique — notamment par la découverte et l’usage des réseaux sociaux.

Mieux : « Les programmes scolaires comportent également une approche de ce sujet au collège, et la question de la propriété intellectuelle apparaît dans le programme de technologie au cycle 4 (classes de 5e, 4e et 3e). »

Dans le cadre de sa formation, l’élève apprend également « les règles d’un usage raisonné des objets communicants respectant la propriété intellectuelle et l’intégrité d’autrui ». Et le programme construit autour de cette thématique inclut la question du respect de la propriété intellectuelle.
 

L'enseignement fait sa part : la faute à qui alors ?


De même, dans l’éducation aux médias et à l’information, la question de la diffusion des contenus aborde également le sujet. Et pour en revenir au lycée, « en classe de seconde générale et technologique, la question de la propriété intellectuelle est actuellement étudiée dans différents enseignements d’exploration ». 
 
Les cours d’informatique et de création numérique l’évoquent également, de même que le programme de création et innovation technologique. Et le ministre de multiplier les exemples démontrant que l’école fait son travail en la matière, jusqu’à la terminale, dans les voies générales et technologiques.

Plus encore, les nouveaux programmes publiés en janvier au BOEN intégreront les sujets liés à la propriété intellectuelle et de lutte contre la contrefaçon, pour les classes de seconde et première. 

En somme, l’éducation nationale fait sa part du boulot pour que les jeunes sachent précisément ce qu’ils font quand ils se mettent à pirater. Si l’on permettait à Hadopi de faire son travail directement dans les classes, alors la boucle serait bouclée ?

 


Commentaires
Si le but est de leur apprendre que le "piratage est illégal" sans nuance aucune, alors ce n'est que de la police de la pensée, car encore une fois, c'est juridiquement faux.

Hadopi, Decodex, les associations 'FTGQIA+' (etc) dans les écoles. Tout ça c'est de la pure idéologie, du dévoiement du rôle de l'instruction, du formatage à la pensée unique, du détournement.
Quand on est jeune et qu'on n'a pas d'argent, pour se cultiver on fait juste comme on peut, pirare ou pas... #avoirlesmoyensdelaculturequonveut
Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.