L'écriture inclusive serait “illisible” pour les personnes aveugles et dyslexiques

Antoine Oury - 21.11.2017

Edition - Société - écriture inclusive - écriture inclusive aveugles - écriture inclusive dyslexiques


Nouvelle contribution dans le débat sur l'écriture inclusive, qui propose de laisser une plus large place au féminin dans l'écriture en féminisant les noms de métiers, en évitant la prévalence du masculin ou encore en utilisant des points médians pour faire apparaître les différents accords d'un nom. La Fédération des Aveugles de France indique ainsi que l'écriture inclusive « revient à faire naître une langue illisible, incompréhensible en particulier par ceux qui éprouvent quelques difficultés avec cette même langue ».


INJA : Institut National des Jeunes Aveugles
Statue de Valentin Haüy à l'Institut National des Jeunes Aveugles, Paris (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)



 

Dans un communiqué, la Fédération des Aveugles de France indique : « Vouloir à tout prix dans une même phrase faire référence aux deux genres revient à faire naître une langue illisible, incompréhensible en particulier par ceux qui éprouvent quelques difficultés avec cette même langue, les dyslexiques par exemple. Pour nous personnes aveugles, cette soi-disant langue inclusive est proprement indéchiffrable par nos lecteurs d’écrans. »

 

La FaF fait visiblement référence à l'utilisation des points médians pour faire apparaître les différentes formes d'un nom, par exemple artisan·e·s ou agriculteur·rice·s. Cette proposition faite dans le cadre d'une écriture inclusive, est sans doute la plus clivante, mais aussi celle qui est le plus souvent mise en avant par ses détracteurs. Dans un sondage Harris Interactive, on découvrait en effet que 3 Français sur 4 étaient favorables à l'écriture inclusive, sauf que la présentation du sondeur omettait les points médians.

 

À l'inverse, le message de la Fédération des Aveugles de France semble se focaliser sur ces points médians, au détriment des autres propositions de l'écriture inclusive. « [F]aire de la question de la construction de la langue un sujet qui aurait rapport avec une quelconque discrimination sexuelle, c’est là faire preuve d’une inculture incroyable et de confusion redoutable », tranche Vincent Michel, le président de la Fédération.

 

En conséquence, la Fédération réclame « que soit mis fin à ce mélange des genres qui ne peut que porter gravement atteinte à une cause noble entre toutes mais qui serait ici bien mal défendue », ce qui peut sembler un peu excessif si le seul versant de l'écriture inclusive considéré est celui des points médians.

 

La Fédération reste toutefois en deçà du communiqué alarmiste de l'Académie française, qui voyait dans l'écriture inclusive « un péril mortel » pour la langue française. « On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture — visuelle ou à voix haute — et de prononciation », indiquait l'Académie.

 

L'institution se gardait bien d'évoquer les règles de grammaire, comme celle du masculin prévalent, le fameux « le masculin l'emporte toujours » qui fait débat au même titre que les points médians.

 

« Le masculin l’emporte sur le féminin » :
une règle de grammaire obsolète ?

 

Sur France Inter, la ministre de la Culture Françoise Nyssen s'était elle aussi opposée à l'écriture inclusive sur la seule base des points médians, en évoquant les problématiques liées à la dyslexie.

 


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