L'écrivain allemand Siegfried Lenz est décédé

Julien Helmlinger - 07.10.2014

Edition - International - Siegfried Lenz - Ecrivain allemand - Seconde Guerre mondiale


Ce mardi, la maison d'édition Hoffmann und Campe a annoncé le décès de Siegfried Lenz, écrivain allemand de l'après-guerre, mort alors qu'il était âgé de 88 ans. Il fut notamment l'ami de l'auteur Günter Grass comme de l'ancien chancelier Helmut Schmidt. Le ministre germanique des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a commenté sans tarder la nouvelle, en soutenant qu'une « partie de l'Allemagne nous a quittés aujourd'hui ».

 

 

Crédits : Van Gennep Amsterdam 

 

 

Comme le rapporte l'AFP, Siegfried Lenz est né en 1926 à Lyck, dans la région de Prusse-Orientale qui deviendrait polonaise à la fin de la guerre. Son père était officier des douanes, et lui-même se fit enrôler dans la marine allemande en 1944. Avant la fin du conflit, il déserta au Danemark, où il fut tout de même fait prisonnier de guerre.

 

Plus tard, il s'engagerait auprès des sociaux-démocrates et soutiendrait l'Ostpolitik du chancelier Willy Brandt, en faveur de la réconciliation avec la Pologne.

 

Après la Seconde Guerre mondiale, il a étudié la philosophie, l'anglais et l'histoire de la littérature à l'Université de Hambourg. Ayant arrêté ses études, il fut embauché par le quotidien conservateur Die Welt. À partir de 1951, il débuta ses œuvres comme écrivain indépendant, et a publié de nombreux romans, recueils histoires courts, essais et autres pièces pour la radio et le théâtre.

 

Suite à son décès, Daniel Kampa, l'un des responsables de la maison d'édition Hoffmann und Campe, a déclaré : Siegfried Lenz était l'une de ces personnes qui n'existe plus aujourd'hui, un écrivain qui était apprécié au-delà des cercles littéraires.

 

Son œuvre la plus célèbre est possiblement La leçon d'allemand, roman évocateur de la façon dont le nazisme a pénétré les esprits. On y suit l'histoire de Siggi Jepsen, enfermé dans une prison pour jeunes délinquants sur une île au large de Hambourg, sanctionné pour avoir rendu copie blanche à une rédaction sur « les joies du devoir ». Un travail qui amènera le fils de policier à fouiller ses souvenirs d'enfance...