L'écrivain britannique Alan Sillitoe, jeune en colère

Clément Solym - 26.04.2010

Edition - Société - solitude - coureur - fond


Alan Sillitoe s'est fait connaître avec un livre explosif, Samedi soir, dimanche matin (Saturday Night and Sunday Morning), sorti en 1958. Il compta parmi les principaux auteurs du mouvement des jeunes hommes en colère, qui dans les années 50 sévirent en Angleterre.

Leur trait commun : un réalisme cinglant, qui n'épargne rien au lecteur et plonge profondément dans la vie la plus prosaïque. Une immersion dans des espaces et de temps oubliés, ou que l'on souhaiterait oublier...

Le poète britannique Ian MacMillan explique que ce romancier avait introduit la poésie dans les lieux de la vie de tous les jours. Dans Samedi soir, c'est un passage de sa propre enfance qu'il raconte à demi-mot. Arthur Seaton, son anti-héros travaille dans une usine à vélo, Raleigh Bicycle Company, tout comme le père de l'écrivain.

Le livre fut porté au cinéma en 1960 par Karel Reidz.

Une réminiscence de ses années à Nottingham, dans le centre de l'Angleterre, dont Silitoe avait garé en mémoire les odeurs de fuite de gaz, de graisse rance ou de couches de papier peint moisi.

L'autre grand livre de sa vie fut La solitude du coureur de fond, l'histoire d'un jeune délinquant dont les prouesses athlétiques servent aux autorités à montrer que les jeunes en difficulté peuvent s'en sortir...

Lecteur tardif, qui développa une véritable passion à son retour de l'armée, après un engagement en 1946 dans la Royal Air Force, il commencera à lire et écrire après avoir quitté l'armée, en 1949.

L'auteur est décédé dimanche matin, à l'âge de 82 ans.