L'écrivain Cesare Battisti proche de l'extradition

Clément Solym - 05.12.2008

Edition - Justice - cesare - battisti - extradition


L'écrivain italien Cesare Battisti n'a pas obtenu le statut de réfugié politique au Brésil. Il avait été appréhendé en mars 2007 à Rio de Janeiro, ville où il se cachait.

L'Italie lui reproche 4 meurtres commis entre 1977 et 1979. L'écrivain ne les a jamais reconnus. Il avait fui l'Italie pour échapper à sa peine de perpétuité et s'était réfugié en France en 1985. Le président d'alors, François Mitterand avait décidé de ne pas extrader les militants d'extrême gauche italiens pourvu qu'ils refusent la violence et ne soient pas impliqués dans des crimes de sang.

En 2004, alors que la France s'apprêtait à extrader Cesare Battisti, il s'était à nouveau enfui dans la clandestinité pour rejoindre le Brésil. Arrêté en 2007, il avait été traduit en justice et le procureur de la République chose rare au Brésil, concernant les ex-membres des Brigades Rouges, avait consenti à une extradition. Le procureur avait affirmé que les crimes « avaient été marqués par une certaine froideur et un certain mépris pour la vie humaine ». Et ne pouvaient donc pas être considérés comme « politiques ».

Le Comité national pour les réfugiés du Brésil a refusé, vendredi dernier, la demande de statut de réfugié politique qu'avait faite l'écrivain. Le comité était composé de membres du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés et de représentants de l'O.N.G. Caritasa. La décision a été prise à la « majorité des membres ». Battisti a 15 jours pour faire appel à cette décision, depuis la date de son émission, en s'adressant à Tarso Genro, le ministre de la Justice brésilien.

Si ce dernier recours ne devait pas s'avérer fructueux, l'écrivain pourrait bien être extradé en Italie. Nos confrères du Monde précisent que le procureur a indiqué que si c'est le cas sa peine de perpétuité devrait devenir une peine de réclusion de 30 ans. Par ailleurs, la durée d'incarcération de l'écrivain au Brésil devrait être retranchée de sa peine en Italie.

Pour mémoire, Fred Vargas qui s'était élevée contre l'extradition de Marina Petrella, elle aussi ex-membres des Brigades Rouges avait déclaré alors : « C'est une demande totalement paradoxale et contradictoire, puisque Marina Petrella comme Cesare Battisti sont tous les deux en danger de mort rapide. Aucun d'eux ne survivra à leur retour en Italie ».