L’écrivain écossais William McIlvanney est décédé

Julie Torterolo - 08.12.2015

Edition - International - William McIlvanney - écosse - décès


Auteur, poète, nouvelliste, journaliste, William McIlvanney avait plus d'un talent. Il avait également gagné le titre de parrain du Tartan Noir, courant littéraire à mi-chemin entre traditions littéraires écossaises et roman noir. L’écrivain écossais, figure de la littérature dans son pays, s’est éteint le 5 décembre dernier à Glasgow à l’âge de 79 ans. 

 

(nonsenseferret, CC BY-SA 3.0)

 

 

Originaire de Kilmarnock en Écosse et fils de mineur, William McIlvanney fait partie des figures littéraires du pays. Il avait écrit de nombreux romans policiers se déroulant à Glasgow. La trilogie Laidlawn, roman noir, fait partie de son œuvre la plus connue : elle a été d’ailleurs traduite en français sous les trois noms de Laidlaw, Les Papiers de Tony Veitch et Étranges Loyautés. Une série de romans à laquelle l’on peut ajouter Big Man, dont la fin influence le livre Étranges Loyautés. Éditée en France par la maison Rivages, la trilogie relate les enquêtes de l’inspecteur Jack Laidlaw peu jovial. 

 

Les nouvelles et poèmes se rajoutèrent à sa longue bibliographie avec la publication en 1996 de sa nouvelle The Kiln ainsi que 3 poésies telles que Surviving The Shipwreck en 1991. L’auteur trouva également sa place sur le petit et grand écran : il écrit le script de l’adaptation de Big Man au cinéma par David Leland. Il a aussi écrit un épisode de la série télé britannique Screen Two.

 

Une carrière multiple

 

Doté d’une classe à l’anglaise, William McIlvanney eu une longue carrière universitaire : pendant près de 40 ans, l’auteur fut directeur d’étude dans une école puis professeur d’anglais dans une université écossaise, ainsi qu’à Grenoble en France, avant de se consacrer pleinement à l’écriture. Dès la publication de son premier roman, l’auteur rencontre un franc succès, souligne The Guardian. Une reconnaissance qui lui valut très vite le titre de parrain du courant des littératures policières venues d'Écosse, le Tartan Noir. 

 

Il reçut d’ailleurs de nombreux prix littéraires comme le prix Whitbread, le Glasgow Herald People’s Prize ou encore le Geoffrey Faber Memorial Prize pour un de ses premiers ouvrages, Remedy is None

 

Avec pour credo le maniement de la langue anglaise, l’écrivain exerça également en tant que journaliste. Il prit ainsi part dans la vie politique et sportive du pays. La Première ministre d’Écosse, Nicola Sturgeon, lui a d’ailleurs rendu hommage avec une tribune dans le prestigieux Herald Scotland

 

« Sa passion pour l’Écosse et pour la justice sociale brillait à travers l’ensemble de son travail. Willie était une figure emblématique de la littérature écossaise. Pour moi, il est une légende et il nous manquera beaucoup à tous », écrit la femme politique.

 

 

 

Peu avant son décès, William McIlvanney avait déclaré à la télévision vouloir entreprendre « trois ou quatre » nouveaux projets, avant de mettre un terme à sa carrière d’écrivain. Un documentaire lui est d’ailleurs entièrement dédié : William McIlvanney: Living With Words.