L'écrivain et dissident chinois Tie Li à nouveau jugé en Chine

Julien Helmlinger - 25.02.2015

Edition - Justice - Chine - Liberté d'expression - Tie Liu


Au cours du mois de septembre dernier, l'écrivain et dissident chinois Tie Li, de son vrai nom Huang Zerong, avait été arrêté à son domicile pékinois. Son ordinateur et ses livres avaient été confisqués, tandis que son assistant également était interpellé. Ils sont depuis incarcérés, accusés notamment d'avoir « cherché querelle et suscité des troubles » mais aussi de « gestion d'une entreprise illégale », selon l'avocat de l'écrivain. Tous deux doivent être jugés ce 25 février à Chengdu, dans le Sichuan, sa province natale.

 

Presiden China Hadiri APEC 2013

Le président chinois Xi Jinping - CC by 2.0 par APEC 2013

 

 

Actuellement Pékin semble durcir sa campagne de répression ciblant les voix dissidentes chinoises, et pas seulement à travers le renforcement de la censure du web. Selon l'avocat de l'écrivain, Liu Xiaoyuan, ces motifs d'accusation qui visent aujourd'hui Tie Li seraient régulièrement utilisés par le gouvernement, pour museler les intellectuels et internautes s'opposant au Parti communiste chinois (PCC).

 

Par ailleurs, il estime que le fait que le procès soit organisé à Chengdu, plutôt que dans la capitale chinoise où l'écrivain résidait, de même que le choix de la date, juste à l'issue des congés du Nouvel An lunaire, seraient des indicateurs de censure. Ces détails suggéreraient selon lui que « les autorités ne veulent pas attirer l'attention sur cette affaire avant l'annonce du verdict ».

 

Ce n'est pas la première fois que l'écrivain militant, âgé de 81 ans, fait face aux sanctions du régime communiste chinois pour avoir exprimé des idées. Pour s'être opposé à Mao Tsé-toung, en publiant des mémoires dont la publication était interdite, il avait déjà été condamné et se retrouva pendant 20 ans dans les camps de rééducation, avant d'être réhabilité dans les années 1980.


L'épouse de l'auteur estime quant à elle que cette nouvelle répression serait due à un récent essai, par lequel Tie Li critiquait ouvertement le chef de la propagande du régime, Liu Yunshan. Diverses associations dédiées à la défense de la libre expression condamnent son arrestation. La branche américaine du PEN en a notamment appelé à sa libération immédiate.