L'écrivain Ethan Brown attaqué en justice par un candidat au Sénat américain

Julien Helmlinger - 12.10.2016

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Ex reporter du New York Magazine, Ethan Brown est écrivain, mais aussi enquêteur privé. Avec son dernier livre Murder in the Bayou, catégorie non-fiction, le détective se penche sur une série de meurtres non élucidés : l’affaire Jeff Davis 8. L’auteur y décrit le candidat au Sénat Charles Boustany comme étant client des prostituées locales, celui-ci l’attaque en diffamation.

 

Crédits : page officielle de l'auteur

 

 

En sa version longue, le titre de son livre est Murder in the Bayou : Who killed the Women known as the « Jeff Davis 8 » ?, publié chez Simon & Schuster au cours du mois de septembre 2016. Il s’agit d’une immersion dans les méandres d’un « true crime » macabre, dont la narration, provocatrice à sa façon, soulève toutes sortes de questions quant à la vie rurale du sud des États-Unis.

 

Les descriptions de personnages de la vie réelle sont susceptibles de vexer les intéressés. D’autant plus lorsque des élections dépendent de la réputation de ces derniers, vitrine que leurs rivaux politiques égratignent généralement à la première perche tendue. Or dans le livre, le candidat républicain est dépeint comme ayant été client de certaines prostituées assassinées.

 

On nous raconte que le motel où ces filles travaillaient, le Boudreaux Inn basé à Jennings, était dirigé par un certain Martin « Big G » Guillory, membre du staff du candidat républicain. Il n’est donc pas le seul dont la réputation est écornée par le livre du détective, la police locale étant notamment présentée comme incompétente et se comportant mal dans le cadre de leur investigation.

 

Big G a démissionné de son investissement politique depuis, et le candidat au Sénat a déposé une plainte pour diffamation à l’encontre de l’écrivain et son éditeur. Pour son avocat : « Monsieur Brown a soit inventé cette histoire ou alors il colporte des ragots politiques orduriers dont il sait ou devrait savoir qu’ils sont faux. Il est facile de répandre des mensonges haineux sur les autres, mais il n’est pas facile de défendre sous serment, en faisant face aux perspectives de parjure. Ce mensonge sera exposé et les responsables tenus pour tels. » 

 

Plainte exposée à renfort d’une pétition réclamant des dommages.

 

Et prise de position contraire au récit de l’auteur, qui affirme s’être appuyé sur des déclarations de témoins anonymes, notamment plusieurs travailleuses du sexe et pas forcément des témoins directs. Selon lui Charles Boustany aurait par ailleurs été interrogé par le FBI au sujet de ses relations avec les prostituées de Louisiane, information que le bureau n’a ni confirmée ni infirmée.

 

(via Melville House, Nola, Uproxx)