Disparition d'Alain Nadaud, écrivain 'mis à l'épreuve'

Antoine Oury - 15.06.2015

Edition - Les maisons - Alain Nadaud - écrivain - décès


L'auteure et journaliste Lucie Cauwe, sur son blog, a fait part vendredi du décès de l'écrivain Alain Nadaud, frappé par une crise cardiaque au cours d'une croisière au large de la Grèce. Né à Paris en 1948, l'écrivain s'est éteint à l'âge de 66 ans, et laisse derrière lui une imposante bibliographie : romans, nouvelles, essais, théâtre et traduction, pour une œuvre incontestablement liée à son cheminement personnel.

 

Alain Nadaud, via le blog de Lucie Cauwe

 

Alain Nadaud est décédé le vendredi 12 juin, à Amorgos, en Grèce, à l'âge de 66 ans. Né à Paris en 1948, étudiant à Nanterre, Nadaud devient professeur de français à Nouakchott en Mauritanie et Bassora en Irak, rappelle BibliObs. Volontiers associé à l'esthétique de Jorge Luis Borges, Alain Nadaud était un véritable acteur de la vie littéraire française, puisqu'il passe par plusieurs maisons d'édition (Denoël, Ramsay, Balland, Belfond) et fonde la revue Quai Voltaire (1991-1994).

 

Sa première publication date de 1980, avec le recueil La Tache aveugle, chez les Éditeurs français réunis. Il enchaîne ensuite les livres chez différents éditeurs, notamment Denoël, Grasset ou Albin Michel. « À travers l'écriture de chacun [de mes livres], je me suis mis à l'épreuve, j'ai réglé mes comptes avec moi-même, comme j'ai pu, non pas frontalement, mais par le détour de la fiction », expliquait-il dans le Dictionnaire des écrivains contemporains de langue française par eux-mêmes, sous la direction de Jérôme Garcin (Mille et une nuits, 2004).

 

Retrouver les livres d'Alain Nadaud, en librairie

 

Parmi les apparitions notables de cet « écrivain majeur », Lucie Cauwe rappelle son passage à Apostrophes, en 1984. À propos de ce face-à-face avec Pivot, Alain Nadaud déclarait : « "Apostrophes", c'était pour moi le sentiment de jouer mon va-tout. [...] J’y suis passé pour mon premier roman, Archéologie du zéro (1984), refusé par douze éditeurs – dont je reconnaissais les têtes dans l'assistance, ayant accompagné les autres auteurs présents sur le plateau. Un fort goût de revanche donc ! Le sentiment de tomber dans le vide quand j'aperçois Pivot classer ses fiches : il va me faire passer en premier ! Une concentration maximale au moment de répondre, légèrement penché en avant sur les accoudoirs et non pas à la renverse sur son dossier, comme me l'avait recommandé Sollers, mon éditeur. Je suis incapable à présent de me rappeler ce que j'ai dit, mais c'était gagné. Ça avait été court, mais bon. Le lendemain, les ventes, qui étaient déjà excellentes, avaient doublé. J'ai publié dix romans ensuite, Bernard Pivot ne m'a plus jamais invité. »

 

Pour se souvenir ou découvrir, l'INA dispose d'un extrait de cette fameuse émission.