L'écrivain Ian McEwan prend position pour un droit à la mort

Antoine Oury - 19.05.2014

Edition - Société - Ian McEwan - suicide assisté - droit à la mort


Son prochain roman s'empare du sujet, et l'écrivain devait donc affirmer son opinion personnelle : The Children Act explore le dilemme d'une juge qui doit décider du sort d'un jeune malade en phase terminale, et dont les parents, de par leurs convictions religieuses, refusent d'accorder la mort. Et l'écrivain milite toujours plus pour une législation encadrant le droit au suicide assisté.

 

 

Ian McEwan au Salon du Livre de Paris, en 2011 (Thesupermat, CC BY-SA 3.0)

 

 

Au Charleston Festival, dans l'Est du Sussex, l'auteur a logiquement abordé le sujet qui est au centre de son livre, et donc de la promotion. Mais il a attaqué très durement la religion, en expliquant que « le sujet a été rendu confus par les hommes d'Église qui siègent à la Chambre des Lords ». « Le plus ridicule, c'est que les lois font que des gens meurent de faim, mais quand ils endurent la pire des souffrances, personne ne peut les aider à mourir », a souligné l'auteur.

 

McEwan lui-même a choisi son camp : il est un militant actif au sein de la campagne Dignity in Dying, qui milite pour les droits des malades à bénéficier d'un processus de suicide assisté, si tel est le souhait du patient. Et, d'après lui, la religion « n'aide pas vraiment à ressentir de la compassion dans ces questions qui concernent la vie et la mort », explique-t-il.

 

L'auteur a expliqué s'être inspiré de cas réels, qu'il a bien sûr transformés avec le filtre de la fiction. Il s'est toujours tenu à distance des religions, et n'a pas hésité à affirmer son scepticisme, allant jusqu'à déplorer que les positions des hommes de foi sur la question relèvent d'une vision « moyenâgeuse » des droits de chacun à disposer de son existence.

 

L'écrivain Terry Pratchett, atteint par la maladie d'Alzheimer, n'a jamais hésité à interpeller le gouvernement britannique. Il l'a plusieurs fois accusé de pratiquer la politique de l'autruche, en refusant de discuter de l'euthanasie, mais également de ne pas assez encadrer les familles, aussi bien financièrement que moralement, qui font face à cette maladie ou à d'autres, aussi graves.

 

L'Assisted Dying Bill a été présenté à la Chambre des Lords le 15 mai dernier, et le vote sur la proposition de lois est attendu pour l'été. Si elle est acceptée, les médecins pourraient prescrire à leurs patients des doses léthales de médicaments pour abréger leurs souffrances, sous certaines conditions.