L'écrivain Junot Díaz assure qu'il n'a sexuellement agressé personne

Antoine Oury - 02.07.2018

Edition - Société - Junot Díaz metoo - Junot Díaz agression - Junot Díaz auteur


L'écrivain américain Junot Díaz a fait partie des noms cités au sein des messages portés par le flot du mouvement #MeToo, au cours duquel des victimes d'agressions ou de harcèlement sexuels ont révélé des actes et des noms. Díaz avait préféré renoncer à plusieurs apparitions publiques : désormais blanchi par deux enquêtes sur les faits, il revient sur les accusations et leurs conséquences.


Junot Diaz and Min Jin Lee at Asian American Writers Workshop Page Turner Festival at Powerhouse Books
(Jennifer 8. Lee, CC BY 2.0)

 

En mai dernier, Zinzi Clemmons, elle-même auteure, avait raconté sur Twitter comment Junot Díaz, qu'elle avait invité à un séminaire sur la représentation en littérature, avait tenté d'obtenir de la jeune femme, alors âgée de 26 ans, un baiser contre sa volonté. D'autres témoignages étaient venus questionner l'attitude de Junot Díaz vis-à-vis des femmes.

 

Les conséquences ne s'étaient pas fait attendre pour Díaz, suspendu à titre préventif de son poste de professeur du Massachusetts Institute of Technology et de celui qu'il occupe au sein du magazine Boston Review. Depuis, deux enquêtes indépendantes ont été menées, et les deux ont conclu à l'absence de faits qu'il était possible de reprocher à l'écrivain.

 

« J'étais choqué. Je me disais : “Yo, ça ne ressemble pas à ma vie, ça ne me ressemble pas” », a expliqué Díaz, interrogé par le Boston Globe. Si les enquêtes dont il a été l'objet n'ont rien à voir avec les faits relatés par Zinzi Clemmons, l'absence d'autres témoignages sur le comportement de Díaz a contribué à le réhabiliter.

« Il y a une différence entre être un mauvais petit ami et avoir des regrets et se comporter en prédateur sexuel », a souligné Junot Díaz en référence aux personnages violents envers les femmes parfois présents dans ses livres, inspirés de sa propre expérience.

 

D'autres estiment que les accusations formulées à l'encontre de Junot Díaz devraient être prises plus au sérieux : « Malheureusement, avec #MeToo, nous avons l'impression que le standard, c'est un peu “Il n'est pas aussi méchant qu'Harvey Weinstein, alors on ne peut rien faire par rapport à cette situation” », résume Alisa Rivera, une jeune femme de Los Angeles qui a aussi témoigné contre Junot Díaz et son comportement vis-à-vis des femmes.

 

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« Je prends toute la responsabilité de mon passé », avait admis Díaz au moment du scandale, ce qui ressemblait à un aveu, en plus d'une tentative d'apaisement. « J'ai écrit beaucoup de choses merdiques dans ma vie. Ce que font la plupart des écrivains. Mais, sans doute possible, ce communiqué est la pire chose que j'ai écrite de ma vie, la pire chose signée de mon nom », a cette fois indiqué l'auteur au Boston Globe.

 

Il a par ailleurs clairement réfuté les accusations de Zinzi Clemmons, assurant qu'il n'avait jamais embrassé personne sous la contrainte.




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