L'écrivain Junot Díaz pointé pour son manque de respect envers les femmes

Antoine Oury - 07.05.2018

Edition - International - Junot Díaz - Junot Díaz femmes - Junot Díaz me too


Le monde de la littérature pour la jeunesse, aux États-Unis, découvre peu à peu une réalité largement tue pendant des années : des comportements déplacés d'auteurs et d'éditeurs, le plus souvent envers les femmes, ont eu cours. Dans la foulée du mouvement #metoo, de nombreux témoignages ont révélé la gravité de la situation : l'écrivain américain Junot Díaz a été à son tour mis en cause, et a préféré annuler une série de rencontres en Australie.


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Junot Díaz en 2017 (Steve Castillo Photos, domaine public)
 


Dans la continuité du mouvement #metoo, les accusations portées à l'encontre de l'écrivain Junot Díaz ont démarré après le récit d'une victime, sur Twitter. Zinzi Clemmons, elle-même auteure, a raconté comment l'auteur américain, qu'elle avait invité à un séminaire sur la représentation en littérature, avait tenté d'obtenir de la jeune femme, alors âgée de 26 ans, un baiser contre sa volonté.

 

 

Sur le réseau, d'autres femmes prennent la parole, encouragées, dont Carmen Maria Machado, auteure également, qui relate comment Díaz avait réagi lorsqu'elle l'avait interrogé sur les relations qu'un personnage d'un de ses livres entretenait avec les femmes. Si la jeune femme ne souhaitait pas tirer des conclusions vis-à-vis de liens avec l'auteur, celui-ci avait réagi comme si elle l'avait personnellement attaqué, explique-t-elle sur Twitter.

 

« Il m'a demandé de prouver mes dires. J'ai cité plusieurs passages du livre, ouvert devant moi. Il éleva la voix, fit des allers-retours sur la scène, sous-entendit que j'étais une prude, qui ne savait ni lire ni tirer des conclusions raisonnables d'un texte », explique Machado.

 


 

D'abord silencieux face aux accusations, Junot Díaz a finalement réagi avec la publication d'un communiqué : « C'est la raison pour laquelle j'ai souhaité m'exprimer sur le viol que j'ai subi et ses conséquences. Ce dialogue est important et doit se poursuivre », a indiqué l'écrivain, qui a par ailleurs renoncé à une série de rencontres en Australie, à l'Associated Press.

 

Díaz fait référence à un article publié dans The New Yorker, le récit des viols qu'il a subi à l'âge de 8 ans, « par un adulte en lequel j'avais confiance ». L'écrivain expliquait dans l'article les conséquences de cet événement sur son existence, et le poids du silence, au quotidien. « Je me cachais, je buvais, j'allais au sport, je sortais avec d'autres femmes. Je me créais des foyers modèles et, au moment où ils étaient presque finalisés, je les abandonnais. La psychologie classique du traumatisme : la progression et la retraite, la progression et la retraite, etc. »
 

Sur les réseaux, le harcèlement est
un obstacle à la liberté d'expression

 

Si ce texte a pu, au moment de sa publication, aider d'autres victimes restées silencieuses, il prend un autre sens, selon certains, à la lumière des accusations dont Junot Díaz est l'objet : s'attendant à des conséquences après le mouvement #metoo, l'auteur aurait pris les devants, pour s'expliquer. Mais en évitant soigneusement de présenter des excuses directes aux femmes qu'il aurait blessées par son comportement...
 




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