L'écrivain québécois Gaétan Soucy est mort, à 54 ans

Lauren Muyumba - 15.07.2013

Edition - International - Gaétan Soucy - Ecrivain - Québec


L'auteur de La petite fille qui aimait trop les allumettes est mort d'une crise cardiaque mardi dernier, 9 juillet 2013. L'oeuvre de Gaétan Soucy a rapidement eu sa place dans la littérature québécoise et internationale. Ses quatre romans publiés entre 1994 et 2002 ont tous reçu un bon accueil public et critique.

 

 

 

 

« Si je n'écrivais pas, ce serait beau que je meure d'un seul coup », avait-il dit lors de la sortie de son ouvrage phare. La petite fille qui aimait trop les allumettes, paru en 1998, a été écrit en seulement trois semaines. Son succès aussi a été rapide et s'est propagé bien au-delà des frontières québécoises : Prix Ringuet de l'Académie des lettres du Québec, Prix du grand public La Presse/Salon du livre de Montréal et finaliste du Prix Renaudot. Publié aux éditions Seuil en France, il a été traduit dans une vingtaine de langues.

 

Le roman sera suivi de La petite fille, Music-Hall! en 2002, qui, même s'il eut moins d'impact auprès du public, fut récompensé par le milieu littéraire : Prix des libraires et le Prix France-Québec Jean-Hamelin. En 1998, Gaétan Soucy reçut le Grand prix du livre de Montréal pour L'acquittement, paru aux éditions Boréal. L'Immaculée Conception (1994) , son premier roman, a été finaliste du Giller Prize. Gaétan Soucy est aussi l'auteur d'une pièce de théâtre, Catoblépas, et d'une nouvelle intitulée L'Angoisse du héron.

 

Pascal Assatiany, patron de son fidèle éditeur Boréal, décrit la proximité que l'écrivain réussissait à établir avec le lecteur, rendant ses ouvrages accessibles, sans perdre de leur singularité: « Il créait des univers très particuliers, parfois à partir de sujets qui avaient l'air banals. Avec un style très onirique, efficace sans être réaliste, il était capable de rejoindre les lecteurs. » En 1999, lors du Salon du livre de Paris où le Québec était l'invité d'honneur, il a été l'un des fervents représentants de son pays. « Gaétan Soucy est arrivé dans notre littérature comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu », a déclaré le ministre de la Culture et des Communications, Maka Kotto, en hommage à l'écrivain.

 

Aussi professeur de philosophie, il s'est adonné à sa passion pour l'écriture. Il était d'ailleurs en train de préparer un nouveau roman. L'écrivain québécois d'origine haïtienne, Dany Laferrière, raconte qu'il lui avait dit récemment : « Je vais revenir, j'écris. » Il n'en aura pas eu le temps. Mais il laisse derrière lui une oeuvre « d'une lumière éblouissante et inédite », selon Maka Kotto.