L'écrivain syrien Khaled Khalifa dénonce le silence et la connivence

Clément Solym - 07.02.2012

Edition - International - Syrie - Homs - Khaled Khalifa


Khaled Khalifa est l'un des grands noms de la littérature syrienne. Par le biais du site Al-Oufok il en appelle à la communauté internationale et dénonce la violence qui s'intensifie depuis la semaine dernière.

 

L'escalade de la violence de ces derniers jours, notamment à Homs n'a pas échappé à l'écrivain Khaled Khalifa. La contestation avait débuté en mars après un incident survenu dans la ville de Deraa lorsque des forces de l'ordre avaient tiré à balles réelles sur une foule de manifestants.

 

Le mouvement contestataire a pris de l'ampleur, avec pour seule réponse une répression sanglante. Chaque jour, des dizaines de morts. L'Observatoire syrien des droits de l'Homme a indiqué qu'une centaine de civils ont été tués à Homs, lundi.

 

Originaire de la ville d'Alep, au sud de la Syrie, l'écrivain Khaled Khalifa, évoque les récents affrontements et n'hésite pas à utiliser le terme de « génocide ». « Depuis une semaine et jusqu'au moment où j'écris ces lignes, plus de mille martyrs sont tombés, dont beaucoup d'enfants(...) Mon peuple, qui a fait face à la mort le torse nu et en chansons est en ce moment même assujetti à une campagne de génocide ».


Il exprime le sentiment d'abandon, « les paroles vaines » ainsi que « les sanctions économiques », inefficaces et la situation calamiteuse du pays, meurtri par la violence, le blocage des hôpitaux et le manque d'accès aux médicaments et à la nourriture, les lignes téléphoniques coupées.

Et de conclure, « je sais que l'écriture est impuissante et nue devant les canons, les tanks et les missiles russes qui bombardent nos villes et nos civils, mais je n'ai aucune envie que votre silence aussi, soit complice du meurtre de mon peuple ».

La résolution du Conseil de sécurité de l'ONU ayant pour but d'écarter Bachar El Assad, n'a pas été adoptée. La Chine et la Russie ont opposé leur veto, bloquant ainsi tout intervention, alors que le bilan ne cesse de s'alourdir. L'UNICEF estime le nombre de morts depuis mars à 5.000 dont 400 enfants.