L'éditeur britannique jeunesse Barefoot quitte Amazon

Clément Solym - 22.05.2013

Edition - International - éditeur - Amazon - relations commerciales


La révolte gronde, et vient de là où on ne l'attendrait pas : l'éditeur de livres jeunesse Barefoot vient d'annoncer qu'il cessait de vendre ses ouvrages chez... le vendeur en ligne dont on n'ose plus prononcer le nom. Selon Barefoot, cité par le Bookseller, les conditions contractuelles proposées « sapent » l'approche de la maison, et vont à l'encontre de ses projets éditoriaux. 

 

 

 

 

 

Nancy Traversy, cofondatrice et PDG de Barefoot est affligée : autant sa société tente de mettre l'accent sur l'aspect humain, pour valoriser ses titres, autant chez AMZ, elle souffre d'un cruel manque de relation humaine et personnelle. Barefoot s'est en effet forgé une identité autour de ses ambassadeurs, des représentants qui sont chargés de valoriser la marque et les ouvrages. Son taux de croissance est d'ailleurs de 16 % par mois à travers le Royaume-Uni, l'Europe continentale et l'Amérique du Nord.

 

Pour l'éditeur, ses relations avec les librairies indépendantes et le marché de l'éducation - de même qu'avec les grossistes actuels - ne seront clairement pas affectées par ce départ d'Amazon. Raté, on l'a cité.

 

« En tant qu'entrepreneurs, nous admirons Amazon et ses réalisations avant-gardistes. Toutefois, l'engagement de Barefoot est tourné vers la diversité et les valeurs essentielles, un ‘Small is Beautifu'... Nous croyons que le succès futur réside dans la croissance de notre réseau de distributeurs-ambassadeurs indépendants - une communauté où les liens personnels comptent, où nous pouvons fournir des livres de vie aux familles, rester fidèles aux valeurs qui ont défini notre activité, depuis que nous l'avons commencée, voilà 20 ans. »

 

Sans aucun regret, donc, alors que les différents défis relevés face à Amazon sont devenus semblables à ceux rencontrés avec les grandes chaînes de vente. Quand on est un petit éditeur, cette situation est particulièrement douloureuse. « Nos livres deviennent des produits qui sont généralement vendus avec de fortes remises et Amazon commence à la vendre avant même que nous n'ayons reçu les exemplaires imprimés. » 

 

Toute une manière de faire qui est contraire à l'activité des ambassadeurs, qui ont pour mission de se rendre en magasin pour parler et échanger autour des livres. D'ailleurs en 2006, Barefoot avait mis un terme aux relations commerciales avec Barnes & Noble.