L'éditeur le lâche, poursuivi par les avocats : internet, seule échappatoire

Clément Solym - 15.01.2009

Edition - Justice - abandonner - éditeur - poursuites


Un ancien ambassadeur britannique en Ouzbékistan, auteur de Murder in Samarkand, ses mémoires devenues best-seller est en train de tomber des nues. Alors qu'il a écrit un nouveau livre, The Catholic Orangemen of Togo and Other Conflicts I Have Known, racontant ses jours en Afrique entre 1997 et 2001, et une partie de son activité diplomatique (négociations de paix avec les rebelles de la Sierra Leone le matin, instauration de la démocratie au Ghana après le déjeuner...), il s'est vu abandonné par son éditeur et menacé de poursuites, et autres sanctions légales.

Deux succès valent mieux qu'un

Le premier ouvrage, qui s'est déjà vendu à plus de 20.000 exemplaires, après une parution en 2006 avait connu un vif succès. Le second, en revanche, qui est antérieur dans la chronologie, a été la cible de diverses attaques. L'une d'elles émane du lieutenant-colonel Tim Spicer, expressément nommé et accessoirement fondateur du groupe Aegis. Si Mainstream, l'éditeur de Craig Murray explique n'être pas parvenu à un compromis dans le contenu du livre, et donc, on décida d'un commun et amiable accord que l'auteur ne serait pas édité.

Bilan des courses, Craig opte pour une auto-édition, et met son livre en vente pour 17,99 £. Le premier jour de cette parution, Craig, qui occupe aujourd'hui le poste de recteur de l'université de Dundee, affirme que 15.000 personnes ont acheté le livre. Un succès tout aussi appréciable, mais bien plus fulgurant...

Mais le hic est que les propos qu'il tient dans cet ouvrage pourraient relever de la diffamation, selon les avocats qui se penchent sur son cas. Craig sait que tout ce qu'il dit est vrai, ou du moins, l'affirme, et même, envisage la suite avec sérénité. Si aucune mesure n'est prise contre lui, il pourrait se tourner vers un éditeur majeur et envisager une édition de poche pour l'automne...

Un récit qui pourrait d'ailleurs tomber sous le coup de la loi en gestation en Angleterre, qui, sous l'impulsion d'une lettre rédigée par Sir Edward Clay, pourrait museler son corps diplomatique. En effet, ce dernier estimait : « L'idée que les diplomates ne devraient ni parler ni écrire ni même exprimer leur point de vue en s'appuyant sur l'ensemble de leur passé est très ambitieuse ; je pense également qu'elle n'est pas irréalisable. »