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L'éditeur scientifique Lavoisier demande une procédure de sauvegarde

Nicolas Gary - 24.10.2017

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Selon les informations communiquées à ActuaLitté, les Éditions Lavoisier demandent l’ouverture d’une procédure de sauvegarde de Lavoisier SAS auprès du tribunal de Commerce de Créteil. L’audience, fixée au 25 octobre, devra définir si le juge accepte ou non la demande. En cause, un montant de droits d’auteur avoisinant 500.000 €, dont le paiement mettrait l’entreprise en grande difficulté financière.



 

 

À ce jour, explique le président de Lavoisier, Patrick Fenouil, l’entreprise fait face à de réels problèmes financiers, nécessitant la mise sous protection du tribunal de commerce, pour obtenir un gel des créances. « La principale concerne le paiement des droits d’auteur », précise-t-on à ActuaLitté. « Les sommes vont de 70 à 10.000 € en fonction des auteurs, et plusieurs milliers sont concernés. »

 

En avril, la direction affirmait pourtant que le paiement des droits d’auteurs et des fournisseurs était anticipé en trésorerie. Les auteurs n’ont pu, jusqu’à présent, « que constater qu’ils n’étaient pas rémunérés. Il leur a simplement été précisé que le règlement était différé ». Toute la question sera de savoir si, en cas d’acceptation par le juge de la demande de sauvegarde, le paiement des droits serait assuré. 

 

La procédure de sauvegarde intervient en amont d’un possible dépôt de bilan, et, si aucune évolution n’intervient, l’entreprise passerait alors en redressement, et en dernier lieu, en liquidation judiciaire. 

 

« L’activité est fluctuante, avec des périodes difficiles et d’autres moins. Mais ces dernières années, les problèmes économiques se sont accumulés », explique-t-on à ActuaLitté. Les membres de la Délégation Unique du Personnel (DUP) avaient demandé en janvier dernier l’ouverture d’une consultation, ainsi qu’une expertise financière et économique, « mais à ce jour nous n’avons toujours pas obtenu le calendrier pour cette consultation ».

 

Vendre tout ou partie de l'entreprise
 

La maison Lavoisier, référence en matière de publications scientifiques, techniques et médicales, compte plusieurs types de parutions. La partie revue – 25 titres, couvrant différents champs et des périodicités variables – ne semble pas impactée par les problèmes économiques. En revanche, côté édition, elle représente plus de 10.000 titres de fonds (chiffre BIEF) – et c’est là que le bât blesse.

 

« Nous avions conscience de la situation critique de la société. D’autant qu’en janvier dernier, le président nous a annoncé qu’il souhaitait vendre, sans définir le périmètre de la vente : une revue, toute la société ? Nous n’avons pas été informés. Nous savons juste que des propositions n’ont pas abouti, sans connaître les sociétés intéressées. »

 

À l’occasion d’une réunion extraordinaire avec la DUP, le président Patrick Fenouil a cherché à se montrer rassurant : selon lui, la situation économique est en cours d’amélioration, et cela se poursuivra jusqu’en mars 2018. Ses projections indiquent cependant qu’elle se détériorera de nouveau en avril 2018, « comme tous les ans en raison de l’activité cyclique ». 

 

Ce sont d’ailleurs ces fluctuations qui incitent le président à demander la mise sous protection du tribunal de commerce. Au terme de l’audience et de la décision du juge, le périmètre de vente sera déterminé, et « le projet de vente [pourra] être maintenu de manière plus saine. Seuls les fonds de commerce seront vendus, pas les dettes ». 


Ce dernier a tenu à pointer que la sauvegarde de l’activité pourrait entraîner un redémarrage économique. Dans l’intervalle, aucune précision sur la stratégie ne sera communiquée, attendu qu’elle dépendra de ce que l’administrateur judiciaire proposera. Et ce, à condition que le juge accepte la demande. Cependant, le président a fait état de sa volonté de prendre sa retraite, et par là même, de vendre l’entreprise, « ce qui suppose la continuation de l’entreprise ». La vente, expliquait la présidence en juin dernier, n’était pourtant qu’une intention.
 

La demande de sauvegarde concerne uniquement Lavoisier SAS : sont exclues les entités DATEC et Saint Augustin Investissement qui constituent Lavoisier UES.

mise à jour 25 otobre - 15h : 

La demande de sauvegarde a été validée par le juge. Reste à savoir ce qui désormais doit être mis en place pour l'entreprise.