L'éditeur suédois détenu en Chine Gui Minhai remporte le Prix Voltaire 2018

Antoine Oury - 01.02.2018

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L'Union internationale des éditeurs (UIE, IPA en VO pour International Publishers Association) a remis son Prix Voltaire, qui salue l'action d'un éditeur pour la liberté de publier, à Gui Minhai, éditeur suédois maintenu en captivité par les autorités chinoises depuis plus de deux ans. La récompense est d'actualité, malheureusement, puisque Minhai a été de nouveau capturé par la Chine il y a quelques jours.





Déjà nommé pour l'édition 2017 du Prix Voltaire, Gui Minhai remporte la récompense en 2018 : cet éditeur de la maison Mighty Current Publishing, spécialisée dans les ouvrages révélant les moeurs légères et autres scandales des dirigeants chinois, est également le gérant d'une librairie, Causeway Bay Bookstore. En octobre 2015, il avait été enlevé par les autorités chinoises en Thaïlande, avec plusieurs collègues, tous relachés depuis.

Minhai n'a pas eu cette chance : après des aveux forcés, diffusés par la télévision chinoise, sur un homicide involontaire qu'il aurait commis au volant de sa voiture, Minhai est resté en captivité. L'annonce de sa libération, en octobre 2017, restait sujette à caution, mais l'éditeur et libraire avaient pu retrouver un semblant de liberté, placé sous la surveillance de la police dans un appartement de Ningbo, au Sud de Shanghai.

Le 20 janvier dernier, alors qu'il se rendait en train à Beijing pour effectuer des tests médicaux, accompagné par deux diplomates suédois, Minhai a été enlevé par un groupe d'hommes. « Le gouvernement suédois est totalement au fait des événements concernant le citoyen Gui Minhai de samedi. Ces événements sont considérés avec la plus grande fermeté, et des mesures sérieuses ont été prises à un niveau politique supérieur », avait assuré Katarina Byrenius Roslund, responsable des relations extérieures du ministère des Affaires étrangères.

Depuis, c'est l'Union européenne qui a solennellement réclamé la libération de Minhai. L'inquiétude est de mise, notamment pour la santé de l'homme, qui souffrirait de la maladie de Charcot.

L'arrestation de Minhai, membre du PEN chinois, rappelle l'IPA, aurait eu un effet dissuasif sur la publication de textes critiques vis-à-vis du régime à Hong Kong, pourtant considéré comme une enclave plus propice à la liberté d'expression. « Ce qui arrive à Gui Minhai est un exemple des risques encourus par certains éditeurs pour faire entendre la voix des auteurs au public. Il est juste que la communauté éditoriale le félicite pour sa bravoure, quand cette bravoure l'a vu privé de sa liberté », ajoute Kristenn Einarsson, présidente du Comité Liberté de publication de l'UIE.

Quatre autres éditeurs étaient nommés pour le Prix Voltaire 2018 :

Ahmedur Rashid Chowdhury (Bangladesh)
Lewis Medjo (Cameroun)
Tamás Miklós (Hongrie)
Azadeh Parsapour (Iran/Royaume-Uni)

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