L'éditeur use de corruption au Soudan pour un contrat d'édition

Clément Solym - 06.05.2010

Edition - Société - world - bank - mission


Comment négocie-t-on un contrat chez Macmillan ? Tout dépend de l'interlocuteur. Alors, mettons... des fonctionnaires du Sud du Soudan. Bien, d'accord... mais pour quel type de contrat ? L'impression de manuels scolaires ? Ah, alors là, c'est facile : la corruption.

Eh oui... l'éditeur britannique s'est fait prendre la main dans le sac en train d'arroser les autorités, suite à un appel d'offres qu'il a remporté, pour soutenir un projet éducatif, organisé par la World Bank, dans cette région d'Afrique.

Sauf que la banque en question n'en est pas restée là, après avoir découvert le pot aux roses. Elle vient d'interdire à l'éditeur au cours des six prochaines années de tenter de répondre à un appel d'offres qui pourrait être lancé par ses soins, dévoile Reuters.

Et on la comprend : des dons internationaux ont alimenté en millions de dollars ce projet, et finalement, un éditeur arrive à obtenir le contrat par un exercice de corruption standard, ça coince. Forcément.

Pour autant, l'éditeur n'a pas l'intention de se laisser faire : d'abord, cette perte ne représente pas grand-chose en comparaison des autres préoccupations dans le domaine éducatif. D'autre part, le comportement de la banque est tout bonnement abusif estime l'éditeur, qui jure avoir travaillé en étroite coopération avec la World Bank.

Ce qui n'enlève rien au fait qu'il n'a pas souhaité faire de commentaire sur l'obtention dudit contrat. Mais en regardant de près leur site, on découvrira que l'éditeur se pose toutefois en défenseur de la liberté, qui met en ligne des informations et avance une implication ferme contre la corruption, recommandant une tolérance zéro.

L'interdiction de postuler à des appels d'offres a déjà commencé et aura cours jusqu'au 29 avril 2016. Si l'éditeur n'avait pas reconnu avoir payé pour réussir, il aurait écopé de huit années d'interdiction...