L’édition afghane, en plein essor, fait face au piratage

Fasseur Barbara - 07.03.2018

Edition - International - Afghanistan Edition Pirate - Contrefaçon Droits Auteur - Afghanistan Livre


Un nouveau défi se présente au gouvernement afghan. Permettre au développement de l’édition locale de se poursuivre tout en luttant contre les reproductions frauduleuses. Et quand on sait que les reproductions pirates se retrouvent jusque dans les librairies, la partie promet de durer .

 
Kabul, Afghanistan
Ninara (CC, BY, 2.0)
 

Depuis quelques temps, l’édition reprend de la vigueur dans ce pays mutilé qui a subi le « nettoyage culturel » perpétré par les talibans, et où l’illettrisme est majoritaire avec seulement 31 % de taux d’alphabétisation. D’après l’UNESCO, seuls 2 adultes sur 5 sont capables de lire.

Au sortir des années de violence, en 2001, le pays ne comptait plus que 2 éditeurs (l’éditeur public et Aazem Publishing, une entreprise privée) et une seule librairie indépendante, l’Intercontinental Hotel, qui a par ailleurs été le théâtre d’une attaque mortelle au mois de janvier. La Bibliothèque Nationale avait également été détruite.

Aujourd’hui, rien qu’à Kaboul, le gouvernement annonce compter 22 éditeurs, et 60 librairies sont recensées pour 5 millions d’habitants. La quasi-disparition des talibans d'Afghanistan avait laissé le champ au gouvernement pour reconstruire, entre autres, le système éducatif du pays, ce qui impliquait la réimpression de manuels scolaires.

Et c’est probablement par là que tout a pu (re)commencer. Dans un premier temps, le Pakistan se chargeait de ces impressions, mais rapidement, suite aux conflits politiques entre les deux nations, la mission revint à Kaboul, permettant à l’édition afghane de prendre son envol.

D’après Safiullah Nasiri, l’un des quatre frères gérant Aksos, maison d’édition propriétaire de plusieurs librairies à Kaboul, « les éditeurs cherchent de nouveaux livres à publier, les jeunes cherchent de nouveaux livres à lire, les auteurs cherchent des éditeurs. Il y a une atmosphère très dynamique. Et c’est quelque chose de très indépendant, ne faisant appel à aucune aide étrangère », rapporte le New York Times.
 

Une étudiante part construire
une bibliothèque en Afghanistan


Cependant, cette accélération voit également émerger les contrefaçons. Dans un pays où l’encre et le papier sont bien moins chers et plus accessibles que les ouvrages imprimés et vendus dans le circuit officiel, les lecteurs longtemps privés de livres sont peu regardants quant au format qui leur est proposé.

Or, depuis 2008, l’Afghanistan a voté une loi protégeant les droits des auteurs, compositeurs, artistes et chercheurs, mais seulement sur le papier. Dans les faits, l’application de ces textes est très limitée, avec, en cause, des ressources également très limitées pour s'assurer du respect de cette loi.

Ainsi, c’est au gouvernement que revient la lourde tâche de se lancer dans ce nouveau combat. Il a déjà obtenu la fermeture de plusieurs magasins pris en flagrant délit de reproduction des livres, des titres piratés, mais cela ne sera pas suffisant, selon l'édition locale.

Et les éditeurs sont inquiets. « Pour beaucoup de nos ouvrages, là où nous vendons 1000 exemplaires, les pirates en vendront 4 000 à des prix bien plus bas » explique le docteur Aazem au NYT. « Le gouvernement doit en faire plus pour arrêter ça. »

 

Commentaires

"quasi-disparition des talibans en Afghanistan"... Euh l'auteur de cet article vit sur quelle planète ?

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