L'édition américaine pèse plus lourd que toute l'édition européenne

Antoine Oury - 19.11.2015

Edition - Economie - IPA UIE rapport - chiffre d'affaires édition - éditeurs international titres publiés


La fin de l'année se rapproche, et l'IPA, International Publishers Association aka UIE, Union Internationale des Éditeurs, propose un bilan économique pour les 15 premiers marchés du livre dans le monde. On trouve en trio de tête les États-Unis, la Chine et l'Allemagne, avec une croissance particulièrement forte pour la seconde. Au petit jeu du classement, la France s'en sort 7e.

 

Frankfurt Buchmesse 2015

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Les États-Unis restent le plus grand pays producteur de livres pour l'année 2014 : ils cumulent 22,9 milliards € de chiffre d'affaires, ce qui représente probablement plus que les chiffres d'affaires des maisons d'édition européennes réunis. Probablement, car les données pour l'Union européenne n'ont pas encore été compilées : en 2013, toutefois, les États-Unis pesaient pour 24,2 milliards € contre 22,3 milliards € pour les éditeurs européens, d'après des chiffres de la FEE, Fédération des éditeurs européens.

 

Il n'en a pas toujours été ainsi, puisqu'en 2012, rappelle l'IPA, l'Union européenne représentait 33 % des revenus de l'édition mondiale, contre 26 % pour les États-Unis. 

 

Si la conversion en euros donne l'impression que l'édition américaine voit son chiffre d'affaires chuter, elle est fausse : le chiffre d'affaires américain enregistre une hausse de 4,3 % entre 2013 et 2014. Celui de la Chine est également en augmentation, avec + 15 % entre 2013 (9,1 milliards €) et 2014 (10,5 milliards €). L'Allemagne, à l'inverse, subit un recul de 0,3 % de son chiffre d'affaires, de 5,56 milliards € en 2013 à 5,54 milliards € en 2014.

 

Le reste des marchés les plus importants du monde, essentiellement européens, subissent des reculs variables de leur chiffre d'affaires en 2014, y compris la France.

 

 

 

Le classement est totalement chamboulé, note l'IPA, si l'on considère le nombre de titres publiés : depuis cette perspective, Brésil, Chine et États-Unis, malgré tout, tirent leur épingle du jeu, mais des données manquantes pour l'Inde faussent considérablement l'étude. La plus forte variation relevée concerne la Chine, dont le nombre de publications a littéralement explosé depuis 2011.

 

Le classement des 10 plus importants groupes d'édition reflète particulièrement bien le partage entre Europe et États-Unis, soudain remis en cause par l'arrivée de la Chine. Une arrivée, d'ailleurs, qui ne semble pas relever d'un chiffre d'affaires soudainement en hausse, mais plutôt d'une communication inespérée des chiffres par les autorités chinoises.

 

On note ainsi l'entrée de Phoenix Publishing & Media Company et China South Publishing & Media Group (Zhong Nan) en 6e et 7e place, ce qui repousse Hachette Livres et Holtzbrinck en fin de classement, et en fait sortir Cengage. Le trio de tête, constitué par Pearson (toujours 1er), Thomson Reuters et RELX (au coude-à-coude pour la 2e place), ne varie pas.