L'édition australienne s'inquiète d'une levée des restrictions commerciales

Antoine Oury - 08.04.2015

Edition - Economie - Australie - Harper Review - copyright


En Australie, le parti libéral avait promis au cours de sa campagne une grande évaluation des différentes lois sur la concurrence. Deux ans plus tard, le texte final a été dévoilé, avec une évaluation du gouvernement attendue au mois de mai prochain. Mais la suppression de certaines mesures de régulation a provoqué une levée de boucliers dans le monde de l'édition.

 


Railway stop sign against a cloudy sky

(photo d'illustration, Horia Varlan, CC BY 2.0)

 

 

The Harper Review, c'est le nom de cette évaluation, a été signé par l'économiste Ian Harper, et les éditeurs ont fait savoir tout le mal qu'ils pensaient du rapport et de ses propositions. La présidente de l'association des éditeurs australiens, Louise Adler, a fait savoir qu'elle n'avait rien contre l'esprit de la consultation et ses 56 propositions, mais qu'une mesure en particulier risquait de faire des dégâts.

 

Ian Harper propose ainsi de lever les barrières à l'importation des livres dans le territoire australien. Cette mesure protectionniste permet à un éditeur propriétaire des droits de publication d'un titre en Australie d'en maîtriser la diffusion. 

 

S'il doit le rendre commercialement disponible dans le pays, l'ayant droit peut contrôler assez facilement la diffusion d'un ouvrage sur le territoire australien. L'objectif de cette mesure était bien sûr de préserver le marché du livre australien face aux États-Unis et au Royaume-Uni, deux territoires anglophones prompts à pratiquer des promotions sur les ouvrages.

 

La mesure ne concerne toutefois pas les ventes réalisées sur Internet, et certains estiment alors que la protection serait devenue un obstacle au développement de nouvelles sociétés et à l'élargissement du marché.

 

Au sein de l'édition, néanmoins, la proposition a du mal à convaincre : « Si vous étiez l'éditeur australien d'un des premiers livres de Richard Flanagan, cela signifie qu'il serait difficile de rentabiliser l'investissement sur le long terme », a expliqué Michael Gordon-Smith, directeur exécutif de l'association des éditeurs australiens (Australian Publishers Association). Dans le cas d'un best-seller, les retombées économiques ne seraient plus les mêmes, estime également l'organisation.

 

Et les éditeurs australiens seraient d'autant moins enclins à se tourner vers des auteurs du pays, moins médiatisé que d'autres territoires anglophones. Le verdict du gouvernement sur cette mesure et les autres est attendu en mai prochain.

 

(via The Guardian)