Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

L'édition brésilienne clôt une de ses plus mauvaises années

Antoine Oury - 02.08.2013

Edition - International - édition - Brésil - bilan année 2012


200 millions d'habitants, cela représente pas mal de lecteurs : l'édition brésilienne enregistre pourtant la pire année depuis 10 ans, en terme de revenus. Malgré des ventes en hausse et un secteur dynamique, les revenus des éditeurs ont fait les frais de l'inflation des prix qui touche tout le pays, estimée à 5,8 % en 2012. Les éditeurs craignent que d'autres hausses portent un préjudice encore plus important au marché.

 


Brasília National Library

La Bibliothèque nationale du Brésil (Ben Tavener, CC BY 2.0)

 

 

Le bilan des ventes présenté par l'édition brésilienne est plutôt positif : les recettes sont ainsi évaluées à 2,43 milliards $, soit une hausse de 3 % par rapport à 2011 (2,14 milliards $). Mais l'inquiétude provient de l'inflation généralisée que subit le pays depuis 2008 : pour 2012, le taux d'inflation s'élève encore à 5,84 %, amenant le marché à un recul de 2,64 % malgré ces bons résultats.

 

Préoccupé par l'inflation, le gouvernement brésilien a réduit ses achats auprès des éditeurs de 10 % (à 640 millions $), tandis que cette source de revenus apparaît toujours comme primordiale pour les éditeurs, pesant encore pour 26,4 % de leurs recettes. Si les ventes ont augmenté lorsque l'on considère les revenus, elles ont diminué en volumes, révélant une hausse du prix des livres qui préoccupe tout autant les éditeurs.

 

Cette hausse des prix atteint les 12,46 %, en moyenne, pour les éditeurs brésiliens. Ces derniers craignent que les prix bas liés aux formats principalement vendus et achetés (livres de poche en tête), ne finissent par sérieusement impacter leurs recettes. Bien entendu, l'inflation touche d'autres denrées comme la nourriture ou le carburant. Pour l'année 2013, les données prévisionnelles annoncent une inflation de 5,4 %, tandis que le taux de croissance du pays ne devrait pas dépasser les 1 %.