L'édition de livres perd du poids dans l'ensemble de l'économie française

Clément Solym - 16.01.2017

Edition - Economie - édition livre France - économie branche culturelle - industries culturelles revenus


Avec une valeur ajoutée de 43 milliards € en 2015, l’ensemble des acteurs des branches culturelles représente 2,2 % dans l’économique française. Il s’agit là d’une légère baisse, mais montre que l’on assiste tout de même à une forte résilience. À titre indicatif, le domaine hébergement/restauration pèse 55 milliards €.

 

Le rayon Livres de poche

Julia Buchner, CC BY SA 2.0

 

 

Le poids économique directe de la culture en 2015 est un rapport présenté par Tristan Picard, du Département des études, de la prospective et des statistiques.

 

Pour le strict secteur du livre, on s’aperçoit qu’entre 1995 et 2015, la valeur ajoutée est passée de 2,1 milliards € à 2,5 milliards. Toutefois, en pourcentage de l’économie française, sur la même période, on passe de 0,19 % à 0,13 %. Des données qui se comprennent plus largement si l’on considère que, sur l’ensemble des branches culturelles, le livre est passé de 8,4 % à 5,7 %. En somme, le livre est devenu moins important dans l’économie globale du secteur culturel.

 

« Depuis 2008, le poids économique direct de la culture stagne : il a progressé de 300 millions d’euros en sept ans, soit un taux de croissance annuel moyen de 0,1 %. À titre de comparaison, le taux de croissance annuel moyen de l’économie sur cette période est de 1,2 %. Ainsi, le poids de la culture dans le PIB est passé de 2,38 % en 2008 à 2,21 % en 2015. Cette forte diminution touche particulièrement l’architecture, la presse, l’édition de livres et les agences de publicité. »

 

 

 

Toutefois, le secteur du livre remonte après trois années de chute : entre 2012 et 2014, l’activité a été impactée de 4,5 %. « Au sein de cette branche, ce sont les activités de traduction et d’interprétation qui sont le plus en difficulté (– 6,3 % par an depuis 2008), tandis que le secteur des librairies résiste (– 0,2 % par an depuis 2008) et que l’édition de livres s’érode (– 1,6 % par an depuis 2008). »

 

Dans le même temps, le support numérique a connu une hausse de 53 % de CA en une année, même s’il demeure largement minoritaire : moins de 6 % du chiffre d’affaires, au global. Toutefois, dans le cadre des sciences humaines, pour l’année 2014, 40 % du chiffre d’affaires est numérique.

 

Il semblerait par ailleurs que le secteur puisse également être moins attractif – ou recrute moins : entre 2011 et 2015, on est passé à 151.809 emplois contre 105.696, mais cela concerne les secteurs de la presse et de l’édition. On parle tout de même d’une perte de 30,4 %, entre 2011 et 2015, du nombre d’employés.