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L'édition de romance américaine souffre toujours d'un manque de diversité

Clara Vincent - 12.03.2020

Edition - International - edition littérature romance - Rapport diversité publications - auteurs inclusion éditeurs


La librairie américaine The Ripped Bodice, située à Los Angeles est entièrement spécialisée dans la vente de romance. Depuis 2016, ses deux fondatrices, Leah et Bea Koch établissent un rapport pour évaluer l'état de la diversité et l’évolution de l’inclusion dans le secteur de l'édition de romances. Initiée en 2016 par une campagne sur Kickstarter, l’étude suit chaque année les éditeurs publiant des auteurs issus de minorités.
 
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Le rapport de Leah et Bea Koch sur l'état de la diversité dans l'édition de romance se base sur les chiffres des principaux éditeurs spécialisés. Chacun d'eux est ainsi invité à communiquer aux libraires de The Ripped Bodice le catalogue de ses choix éditoriaux effectués au cours de l’année étudiée. 

La liste des éditeurs de romance américains réunit 18 maisons d’édition, parmi lesquelles se trouvent : Bethany House, Tule, Nine Star, Pocket/Gallery, HQN, Random House, Bold Strokes, Mira, Montlake, Harlequin Series, Forever, Avon, St. Martins, Sourcebooks, Entangled, Berkley, Carina Kensington. 

Pour l’année 2019, l’étude portait sur un total de 2421 titres. 
 

Faible amélioration en quatre ans


La première observation montre que pour cent livres de romance en 2019, seuls 8,3 ont été écrits par des personnes non blanches. Cela correspond à une faible augmentation comparée aux années précédentes. 

En effet, la proportion s’établissait à 7,8 % en 2016. L'année suivante, la part de livres écrits par des personnes de couleurs s’établissait à 6,2 %. En 2018, le pourcentage était revenu à 7,7 %. 

Au vu de ces timides améliorations depuis la première édition de leur rapport il y a quatre ans, les créatrices témoignent de leur amertume. « De jeunes auteurs pourraient se sentir tellement découragés qu’ils décideraient de ne pas écrire de romance. Cela se produit clairement depuis des décennies », analyse Leah Koch auprès de Publishers Weekly
 
L'autre grande conclusion du rapport établit que pour 78 % des principaux éditeurs de romance, moins de 10 % des livres publiés sont écrits par des auteurs issus de minorités ethniques. 
 

 

“Encore un long chemin à parcourir”


Cependant, certains d'entre eux ont fait montre d'efforts depuis 2016. Il s'agit notamment de Kesington, qui reste la maison d'édition ayant publié le plus d’auteurs de couleur – environ 27,5 % sur l’ensemble des ouvrages de l’année. 

« Je pense qu'améliorer la diversité de cette liste passera essentiellement par un sentiment plus grand d’inclusivité dans l'ensemble de l'édition, y compris du côté des consommateurs », a réagi Esi Sogah, rédacteur en chef de Kensington auprès de Publisher Weekly.

« En plus de recevoir et de rechercher davantage de soumissions d’un groupe diversifié d’auteurs, les commentaires positifs des lecteurs ont conduit à accroître leur visibilité. Je pense que pour lutter contre les inégalités raciales à long terme dans l’édition, il faut changer les comportements de tous les secteurs de l’industrie », a-t-il ajouté. 

Suivi par la rédactrice adjointe de Kensington, Norma Perez-Hernandez : « Bien que les chiffres actuels montrent que nous avons encore un long chemin à parcourir, nous reconnaissons que nos auteurs peuvent et doivent refléter notre population variée de manière authentique et inclusive . »
 


Le cas de Carina Press semble également se ranger de ce côté là. L'éditeur est en effet passé de 5,4 % de livres publiés écrits par des personnes de couleurs en 2016, à 20,7 % en 2019. On peut également citer l’exemple de Sourcebooks, qui fait montre d’une évolution passant de 2,9 % en 2016, à 10,2 % en 2019. Mais la progression n'est toutefois pas constante, le pourcentage étant monté à 11,6% en 2017 pour redescendre à 9,9% en 2018.  
Quoique minime, c'est néanmoins sur l'aspect positif que tient à insister Leah Koch : « Ce sont les vrais points lumineux que je veux que les gens regardent et y trouvent une certaine mesure d’optimisme », a-t-elle indiqué auprès de Publisher Weekly.  

Pour voir l'étude dans son intégralité, c'est à cette adresse. 


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