L'édition devra verser plus de droits aux auteurs sur les ebooks

Clément Solym - 26.07.2010

Edition - Economie - droits - auteurs - numérique


La grande réclamation des auteurs concernant le livre numérique reste définitivement les droits perçus sur les ventes de leurs ouvrages. Vendus moins cher, ils perçoivent moins, et forcément, ça coince. Sauf que ça ne durera pas. Impossible.

Au cours d'une conférence à laquelle ont assisté nos confrères du Bookseller, Marjorie Scardino, directrice de Pearson a annoncé la couleur tout de go : « L'édition numérique est moins chère - mas l'impression de papier, représente seulement 25 % du prix d'un livre, alors même si nous pouvions en finir définitivement avec cela, il n'y aurait pas une énorme différence. Mais elle existera, et nous devrons nous assurer d'agir correctement avec l'auteur. »

Pim, pam, poum. Ce qui se concrétise, selon elle, par une augmentation des droits perçus par l'auteur. Ce qui va enfin dans le sens de ce qu'écrivains et agents attendent. Donc ce genre de déclaration va plutôt dans le bon sens. La question, ce serait plutôt : oui, mais quand est-ce que cette augmentation aura lieu.

Structurer le marché... et attendre qu'il existe

Dans un entretien avec Hervé Langlois, directeur commercial de Soleil Prod, la situation est perçue comme semblable, avec cependant des impératifs immédiats. « Bien qu'excessivement médiatisée, l'édition numérique est un marché en construction. Pour poursuivre dans l'analogie aux BTP, je dirais même que nous n'en sommes qu'aux fondations... Et à ce stade-là, ce qui est important, c’est de mettre en place de sérieuses bases pour développer un modèle économique viable dans le futur », nous explique-t-il. Autrement dit, d'abord rentrer de l'argent avec ce nouveau marché avant de redistribuer.

Une opinion que partageait du bout des lèvres Louis Delas, DG de Casterman. « Aujourd’hui, il n’y a pas de marché », soulignait-il, ajoutant que « le numérique, pour l’instant, coûte de l’argent, ça n’en rapporte pas ». Alors oui, rémunérer les auteurs, c'est une évidence, mais tout cela ne dépendra intimement des recettes engrangées sur ce marché fantôme, à la hausse s’il se révèle juteux, à la baisse si le bateau coule.

Tout un tas de problématiques auxquelles il serait utile de répondre le plus rapidement possible, avant que d'autres initiatives comme celle de l'agence Wylie ne se reproduisent. Si les auteurs continuent de trouver que leurs droits ne sont pas assez importants dans le numérique, qu'est-ce qui les empêcherait en effet de passer directement par un marchand en ligne ou non, et de vendre ainsi leurs oeuvres ? (lire notre l'actualité)