Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

L'édition en Italie renoue avec la croissance, mais cherche des lecteurs

Clément Solym - 11.10.2017

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Après des années de récession, le marché du livre en Italie reprendrait du poil de la bête. Les prévisions que laissait poindre la fin de l’année 2015, additionnées aux performances de 2016 indiquent un véritable regain. On parlait d’une croissance du chiffre d’affaires de 1,2 % pour l’an passé. Devenue plus internationale, l’édition italienne bombe le torse. 

 

stands insolites
Foire du livre de Turin - ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

 

L’association des éditeurs italiens présentait ce jour différentes données sur l’ensemble du secteur. Elle souligne l’importance de la coédition – principalement pour les arts et la jeunesse, qui représentent 76 % de ces parutions. Dans le même temps, la poussée du livre numérique est forte : entre 2011 et 2016, on passe de 5 % de parts de marché à 13 %.  

 

Le Bureau de l’AIE est plus qu’optimiste : les livres en Italie vont bien. Les huit premiers mois de l’année, montre une croissance dans tous les secteurs. Et pourtant, on vend moins : les données Nielsen indiquent 1,3 % de recul, soit 740.000 exemplaires vendus de mois. En 2016, on assistait à une baisse de 3,9 %.

 

« Le problème de tous les problèmes », comme le présente le président de l’AIE, Ricardo Franco Levi, reste donc d’endiguer la perte de lecteurs dans le pays. « Il y a un soupir de soulagement, pour le marché, mais la route est encore longue. Nous avons encore beaucoup de travail pour rétablir les niveaux enregistrés avant la crise. Et cela concerne en premier lieu, l’inquiétante baisse de la lecture. »

 

Selon les données sociologiques avancées, 40,5 % de la population en Italie lirait des livres, contre 62,2 % en Espagne, ou encore 68,7 en Allemagne et 73 % aux États-Unis. Cela monte à 84 % en France et 90 % en Norvège... Or, le périmètre du secteur du livre a perdu près de 242 millions €, dans les circuits classiques – et même à considérer qu’Amazon aurait réalisé 120 millions € en 2016, on aurait une réduction de 122 millions € en regard de 2010.

 

En 2011, le chiffre d’affaires était de 3,1 milliards €, en 2015, il affichait 2,710 milliards et l’an passé, une croissance de 1,1 % était affichée en 2016. 

 

Pour le marché numérique, les 13 % de parts de marché sont stimulants, et s’établissements donc à 323 millions € – soit 15,8 % de mieux qu’en 2015. L’an passé, l’Italie vendait 12,6 % de ses titres en format numérique. 



 

Sur le premier semestre de 2017, on compte 4877 éditeurs qui ont publié au moins un titre, soit 5,8 % de plus qu’en 2015. D’autre part, les ventes de droit à l’étranger continuent de monter : 6565 titres ont été vendus à des maisons étrangères, et 9552 titres achetés. En somme, on a 11,7 % de croissance des ventes, et 10,6 % de baisse des achats.