L'édition française renoue avec la croissance après cinq années

Cécile Mazin - 01.07.2016

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Le chiffre d’affaires de l’édition renoue avec la croissance, pour la première fois depuis cinq années, indique le Syndicat national de l’édition. On enregistre pour 2015 une hausse de 0,6 %, soit 2,667 milliards € de CA et 436,7 millions de livres vendus. Si la vente de livres à l'export recule de 1,5 %, à 133 millions €, c’est bien la vente de livres qui a tiré le marché, avec 2,535 milliards de CA. 

 

Salon du Livre et de la Presse Jeunesse (SLPJ) - Montreuil

Salon du livre de Montreuil - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

« Cette reprise est une bonne nouvelle pour l’édition, mais nous ne devons pas baisser la garde », a souligné Vincent Montagne, président réélu du SNE. Dans l’ensemble, le marché est occupé avec 79,8 % des ventes réalisées en grand format, 13,7 % en format poche et 6,5 % en numérique.

 

Le livre de poche, plus spécifiquement, a grimpé de 1,6 % en valeurs, à 348 millions €, avec un infime recul de 0,1 % en volumes. La production a en revanche considérablement augmenté : 7,8 %, à 20.516 unités. C’est la littérature qui est majoritaire dans ce secteur, représentant 59,03 % du CA global. 

 

Le marché se structure toujours autant autour de la littérature, la jeunesse et les livres pratiques : ces trois segments représentent 51 % du secteur – la littérature pèse pour 25 % du chiffre d’affaires et des ventes d’exemplaires. 

 

La répartition des ventes s’opère à 27,2 % dans les librairies de 1er niveau, dépassées pour la première fois par les grandes surfaces spécialisées culturelles, à 27,8 %. Les librairies de niveau 2, internet et autres (?) représentent 26,9 % des ventes, et enfin, les grandes surfaces alimentaires pèsent pour 18,1 %. Les GSS ont en effet gagné 4 % de parts de marché sur l’année 20015. 

 

L'ère du livre numérique : 6,5 % du chiffre d'affaires global

 

Le numérique, toujours aussi compliqué à mesurer, est donc passé de 105,306 millions € en 2013 à 163,881 millions € en 2015. « L’édition numérique continue sa progression et voit son poids augmenter dans les revenus des maisons d’édition, quoique de manière plus modérée que les années précédentes. La part entre l’édition numérique sur support physique et l’édition numérique en ligne est parfaitement identique à l’année précédente. »

 

Concrètement, l’édition numérique dématérialisée représente 92,4 % des ventes – 60,2 % pour les abonnements et bases de données et 24,5 % pour les achats unitaires. « Le marché est porté par l’édition professionnelle, notamment l’édition juridique, qui représente 90 % des ventes de la catégorie sciences humaines et sociales. »

 

« L’édition numérique grand public (c’est-à-dire hors scolaire et hors édition professionnelle – notamment juridique), a généré, en 2015, un chiffre d’affaires de 63,2 millions d’euros. Cela représente 3,1 % du chiffre d’affaires de l’édition trade, contre 2,9 % en 2014. La littérature est en tête des ventes grand public, avec près de 20 % de parts de marché, suivie par la catégorie des livres pratiques. »

 

Enfin, « les droits d’auteur portés en charge ont progressé de 1 % par rapport à 2014. Leur montant s’élève à 442,5 millions d’euros en 2015. Leur poids augmente régulièrement dans le chiffre d’affaires des maisons, en moyenne de 0,3 à 0,4 points par an. »
 

« À l’heure de la dématérialisation des œuvres et avec elle du mythe de la gratuité, défendre le droit d’auteur et promouvoir le métier d’éditeur, pour garantir l’équilibre, l’indépendance, la liberté et la diversité de la création, constituent des axes prioritaires d’actions à venir pour le Syndicat ; de même que favoriser le désir de lecture auprès du plus grand nombre, par des opérations de promotion du livre et de la lecture, à Paris dans le cadre, notamment, de la poursuite du grand chantier de rénovation du salon Livre Paris, mais également en France et à l’étranger », note le SNE.

 

Traduction et extraduction : de l’import à l’export du livre

 

Le nombre de titres traduits en 2015 s’élève à 11.809, contre 12 557 en 2014 (soit une baisse de 6 %). Cette baisse est proportionnelle à la baisse du nombre total de titres reçus au dépôt légal (et signalés dans le catalogue de la BnF). La part des titres traduits en 2015 reste donc stable, à 16 % du total.

 

En 2015, l’anglais reste la langue la plus largement traduite vers le français avec 7 401 titres, soit 63 % des titres (62 % en 2014). Le japonais avec 1 417 titres (12 %) et l’allemand avec 712 titres (6 %) viennent compléter le podium. Les cinq langues les plus traduites (avec l’italien et l’espagnol) représentent 89 % des titres traduits. 

 

Comme en 2014, et dans le même ordre, les trois segments éditoriaux les plus traduits sont les romans et la fiction romanesque avec 3 932 titres (33 % des titres), la bande dessinée (2 068 titres, 18 %) et la littérature jeunesse (1 465 titres, 12 %). Sur un total de 3 932 romans et fictions romanesques traduites en français, 75 % ont pour langue originelle l’anglais (2 946 titres).


Les mangas japonais semblent extrêmement bien représentés en France. Sur un total de 2 068 bandes dessinées traduites en France en 2015, 1 219 (soit 59 %), sont traduites du japonais. Enfin, en ce qui concerne la jeunesse, 1 144 titres sur un ensemble de 2 946 sont traduits de l’anglais (39 %). 

 

Les ventes du livre français à l’export, recensées par les statistiques douanières, atteignent 680 millions d’euros en 2015, ce qui les situe en légère baisse de 1,7 % (-12,1 millions d’euros) par rapport à l’année précédente. Plus significatif, elles stagnent depuis 2013 sous le seuil de 700 millions d’euros (seuil pourtant dépassé sur la période 2010-2012), ce qui se traduit par une évolution moyenne annuelle de -1,5 % lissée sur les 3 dernières années. La part du chiffre d’affaires à l’export est ainsi ramenée à 20,1 % des ventes de livres de l’édition française en CA net facturé. 

 

Ce recul apparaît en contradiction avec la tendance du marché en France : les ventes au détail en librairies affichent une hausse de 1,8 % (+1,2 % en volume) dans l’Hexagone (panel Livres Hebdo/I+C) – après un recul pendant 5 années consécutives –, alors que l’édition française renoue aussi avec une croissance de son chiffre d’affaires en 2015 : + 0,7 % par rapport à 2014, à 2.534 millions d’euros. (tiré de Statistiques de l'édition française 2015x2016, SNE)

 

Retrouver l'infographie « L'édition française en chiffres »