L'édition mérite une bonne correction

Clément Solym - 21.03.2009

Edition - Société - édition - correction - TAD


À 14h hier, ils étaient une cinquantaine à manifester devant le siège du Syndicat national de l'édition pour protester contre les conditions dans lesquelles se déroule leur travail. Ils ? Les correcteurs, entre autres, et plus globalement les TAD. Derrière cet acronyme se cache une réalité de l'édition peu connue, celle des Travailleurs à Domicile (de l'édition). TADE, en fait.

Sous l'impulsion de la CGT, ils s'étaient donc regroupés pour dénoncer des modes de fonctionnement en cours chez certains éditeurs, qui se révèlent contraires à la législation.

Alors que leurs emplois n'ont rien à voir avec le droit d'auteur, ils sont pourtant rémunérés comme tel, et se retrouvent privés de certains avantages liés au salariat, les Agessa (sécurité sociale des auteurs). Du fait de l'absence de charges sociales liées à ce mode de rémunération, les TAD sont clairement spoliés alors qu'il représente pour les éditeurs un mode de fonctionnement particulièrement économique.

Ils souhaitent également que soient mis en vigueur les fameux "8,33 %". Ici, on parle d'un supplément de traitement annuel que les éditeurs confondent avec le 13e mois, également dû au TAD, mais qui seraient régulièrement confondus tous deux, pour un paiement moindre.

De plus, la couverture mutuelle des entreprises ne les prendrait pas en compte, les plaçant de fait dans une situation de précarité certaine, en les contraignant à recourir individuellement à une mutuelle.

Enfin, les TAD apprécieraient que leur statut soit quelque peu plus reconnu et pérennisé. Travailleurs de l'ombre ces derniers n'ont en effet pas de véritable existence au sein de l'édition, dont ils sont pourtant les fondations.

En parallèle de cette manifestation se tenait une rencontre entre les représentants syndicaux et le SNE, portant justement sur le travail des TAD. On compterait environ 10.000 TAD en France.