L'édition, milieu sexiste et dégradant ? Une auteure témoigne

Clément Solym - 15.09.2011

Edition - Société - courtney - édition - harpercollins


Avant de devenir écrivaine, Polly Courtney travaillait dans le quartier des affaires de la City à Londres. Un milieu qu’elle jugea trop sexiste pour y faire carrière. A présent, elle a décidé de se séparer de son éditeur pour la même raison, estimant que son livre était commercialisé de manière « sexiste » et « dégradante », rapporte le Daily Mail.


Jeudi soir, Polly Courtney a remercié HarperCollins lors du lancement de son dernier livre. Elle accuse la maison d’être « condescendante avec les femmes », en dénonçant les connotations sexuelles inappropriées de la couverture et du titre de son livre It’s Man’s world – but it takes a woman to run it

It’s a Man’s World raconte l’histoire d’une jeune femme qui sacrifiera ses principes pour trouver ses marques dans le bureau d’une rédaction d’un magazine pour hommes. Le livre dénonce les conséquences néfastes que peuvent avoir de tels magazines sur la société. Pourtant, la couverture montre une jeune active à l’air overbooké dont les longues jambes dénudées et les talons aiguilles sont plus visibles que son visage coupé en deux.

« Ils ont présenté mon livre comme quelque chose de frivole, léger et osé, ce qui est totalement à l’opposé de l’histoire (… ) C’est dégradant pour mon écriture et au final dégradant pour les femmes. C’est sexiste. » affirme Polly Courtney au Daily Mail.

Viré !

Seule solution pour échapper au monde macho de l'édition  pour la jeune femme ? L'indépendance et l'auto-édition :« Je vous promet que mes prochains livres ne seront pas publiés par HarperCollins ou une autre grande maison d’édition » a-t-elle déclaré lors du lancement de son livre, « Je m’occuperai des choses à la maison, pour ainsi dire, car je reviendrai vers l’auto-édition. »

« La raison pour laquelle j’ai quitté la City était de raconter ce qui s’y passait vraiment et qu’il y existe du sexisme. Maintenant mon message risque d’être discrédité. » a-t-elle souligné.

L’auteure Britannique de 32 ans s’est rendue célèbre en publiant son premier roman Golden Handcuffs (Matador, 2007) relatant sa mauvaise expérience de la City, à l’instar de « City Boy » a.k.a Geraint Anderson, l’ex-trader millionnaire du Square Mile déballant le système cynique et impitoyable de la finance dans son livre Cityboy, confessions explosives d’un trader repenti (Balland, 2009).