L'édition péruvienne connait une production record

Clément Solym - 30.11.2012

Edition - Economie - Pérou - record - édition


Afin de redorer le blason littéraire du Pérou, des accords de libre-échange avaient été décidés afin d'inciter les investisseurs à venir sur le marché. Ainsi, parmi les décrets, les droits de douane sur les exportations avaient été réduits à zéro, de même que la TVA sur les livres. Et il semble que ces mesures aient porté leurs fruits. Aujourd'hui, l'édition péruvienne jouit d'une production record.

 

 

 Bibliothèque morte

Une bibliothèque à Lima interstella_fr CC BY-NC-ND 2.0

 

 

Une production éditoriale record

 

Au Pérou, la production de livres a connu une augmentation moyenne de 9% par an et vient de culminer à un chiffre historique de 5 476 titres en 2011, portant à 180 millions de dollars le chiffre d'affaires, dont  11 millions de dollars se rapportent à des exportations. Mexico est le marché étranger le plus important du Pérou, avec 23% des exportations. Lima a d'ailleurs signé récemment un accord de libre-échange avec la ville.

 

Outre les décrets proposés et mis en place, la bonne santé de l'édition péruvienne est aussi due à une augmentation du pouvoir d'achat des consommateurs, en raison d'une stabilité économique accrue lors de ces dernières années.

 

« Nous connaissons une forte croissance dans le secteur de l'édition, alimentée par les achats gouvernementaux d'envergure sur les livres, afin de les amener à un lectorat plus large, dans les écoles et les universités », explique David Edery Muñoz, directeur des services d'exportation à PromPeru. « Il y a aussi un grand intérêt pour le Pérou parmi les éditeurs internationaux, nous leur offrons une ouverture pour des investissements, ainsi que des droits de douane nuls sur les importations et les exportations avec nos partenaires de libre-échange, et un taux de TVA à 0% sur les ventes de livres ».

 

Les manuels scolaires et techniques, stars de la production péruvienne

 

La plus grande production du Pérou reste les manuels, 28% du total, contre seulement 6% en ce qui concerne la fiction littéraire et 3% pour les livres enfants. Ce sont les éditeurs indépendants qui détiennent la plus grande part du marché, avec 74%. Cependant, le Pérou compte parmi ses natifs des écrivains de premier ordre : Mario Vargas Llosa a remporté le prix Nobel de littérature en 2010. L'écrivain péruvien Alfredo Bryce Echenique a gagné cette année le prix littéraire de Langues Romanes (FIL), néanmoins non sans controverses.

 

Enfin, pour clore cette vue de l'édition péruvienne, le marché des ebooks est désormais considéré comme important, remportant un vif succès chez les jeunes lecteurs, plus habitués à utiliser la technologie. « Mais les livres imprimés resteront une composante essentielle de l'industrie, en raison de l'avantage concurrentiel du Pérou sur  l'impression de livres, 40% moins chers que nos voisins régionaux. Nous imprimons beaucoup de livres pour les éditeurs de Colombie et d'Argentine, par exemple », souligne Edery.

 

L'ennemi numéro 1 : le piratage

 

Cependant, un « ennemi persiste » : le piratage. Selon Jaime Carbajal, president de Chambre Péruvienne de l'Industrie de l'Edition,  la piraterie reste un obstacle fondamental. Elle « est notre ennemi numéro un, malheureusement. Nous réalisons une opération tous les mois dans les mêmes lieux, confisquant les marchandises et appréhendant les mêmes personnes. Mais dès le lendemain, ils seront à nouveau sur le marché, car nous n'avons pas de lois pour prévenir de ça », déclare-t-il. Et d'ajouter, qu' « il y a probablement plus de livres piratés vendus que des éditions originales » (via publishing Perspectives).