L'édition suisse gênée par le taux de change

Clément Solym - 07.09.2011

Edition - Société - edition - suisse - parite


La banque nationale suisse se bat pour garder le taux de change du franc suisse avec l’euro plutôt paritaire, ou en dessous de 1,20 €. Le franc suisse est ainsi descendu à 1,12 €. Cela n’arrange pas les éditeurs suisses, qui exportent à des coûts inhabituellement hauts.

Buchreport a interrogé Stefan Fritsch membre du conseil d’administration de Diogène et chef du marketing. Cet éditeur suisse exporte 90 % de sa production dans la zone euro. Pour lui, la parité euro-franc suisse « nous coûte la majeure partie de nos bénéfices. Ça a commencé lentement, mais en 2010 ça a considérablement plombé notre budget. ». 

 


Pour réagir, M. Fritsch a « augmenté d'un euro les prix de vente des réimpressions et des nouveautés. Il reste peu de jeu possible. Le principal levier serait de délocaliser les coûts.

Mais nous finissons depuis longtemps nos produits dans la zone euro, parce que les lieux de productions les plus performants s'y trouvent. Notre principal problème sont les frais fixes en Suisse. Nous économisons autant que possible.
»

 

Stefan Fritsch a cependant pour l’instant de la chance, car il publie Loriot, très populaire outre-rhin. Le décès de l’auteur fait vendre ses œuvres et permet à l’éditeur d’avoir une grosse couverture médiatique à moindre coût.

D’autres éditeurs suisses ont demandé des subventions pour arriver à résister à la dégradation de leur situation. M. Fritsch est solidaire du mouvement, car « pour une entreprise, il y a très peu à gagner pour l'instant ».

 
Qu’arrivera-t-il à long terme ?

 
« Pour l’instant rester en Suisse n’est pas attractif. Les suisses eux-mêmes traversent la frontière pour faire leurs courses. Comme maison d’édition, nous ne pouvons ni baisser les prix en Suisse, parce que nos marges deviennent alors négligeables, ni monter indéfiniment les prix en zone euro. »

Quant à la question du prix unique, qui pourrait s'appliquer en Suisse, elle reste extrêment épineuse et ne résoudrait peut-être pas la situation. (voir notre actualitté)

(Via Buchreport)