L'Éducation nationale débloque 12,7 millions € pour l'ouverture des BU

Antoine Oury - 02.02.2016

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Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, et Thierry Mandon, secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, ont présenté hier un plan destiné à remettre les bibliothèques universitaires au service des étudiants. Une extension des horaires d'ouverture, ainsi que le développement de services numériques seront les leviers pour désengorger les établissements.

 

BU Droit lettres - Salle de droit (5)

La bibliothèque universitaire de Poitiers (SCD Poitiers, CC BY-NC-SA 2.0)

 

 

Le constat effectué est simple : le nombre de places assises en BU (130.000 sur l’ensemble du territoire) augmente moins vite que le nombre d’étudiants (+ 1,7 % de places entre 2011 et 2014 pour + 4,5 % d’étudiants), souligne le communiqué du ministère de l'Éducation. Par ailleurs, les horaires d'ouverture actuels ne semblent plus convenir au rythme de vie et de travail des étudiants : seulement 19 % des BU françaises ouvrent après 20 h, 38 % d’entre elles n’ouvrent pas du tout le samedi (et 27 % seulement le matin) et 96 % sont fermées le dimanche.

 

Le plan « bibliothèques ouvertes », qui s'échelonnera entre 2016 et 2019, fixe donc plusieurs objectifs en matière d'accueil des étudiants :

  • Ouvrir au moins une bibliothèque dans chaque université jusqu’à 22h du lundi au vendredi ; 
  • Ouvrir au moins une bibliothèque dans chaque université le samedi après-midi ; 
  • Ouvrir au moins une bibliothèque dans 40 grandes villes le dimanche après-midi ; 
  • Ouvrir au moins une bibliothèque dans chaque université pendant les périodes de révisions.

 

Parallèlement, le ministère souhaite développer un nouveau système de comptage des places et d'évaluation du temps d'attente, indiqués aux étudiants à travers un site web, ou, encore mieux, une application. Les autres mesures sont les suivantes :

 

  • Afin de donner plus de visibilité à la qualité du service offert par les BU, celles-ci doivent s’engager dans les démarches de certifications-qualités, reposant sur des évaluations externes ;
  • Afin d’attester l’ouverture d’une BU pendant 65h hebdomadaires, un label "NoctamBU+" sera créé qui rehaussera les objectifs et le périmètre de l’ancien label "NoctamBU" créé en 2010 ;
  • Afin d’offrir plus d’espaces de travail aux étudiants, les BU devront développer les ouvertures partielles de certains espaces.

 

Pour soutenir l'effort des établissements dans l'ajustement des horaires d'ouverture, le ministère lancera un appel à projets, fin février, avec à la clé 12,7 millions € qui pourront être utiles au recrutement de 3 emplois étudiants (des vacataires, donc), aux dépenses de gardiennage liées aux nouveaux horaires (un agent du service de sécurité incendie et d’assistance à la personne doivent d'ailleurs être présents lors de l'ouverture) et au financement du nouveau système de comptage. La somme annoncée correspond à l'hypothèse selon laquelle 75 universités (et 40 grandes villes pour le dimanche) répondraient à l’appel à projets.

 

Faciliter l'accès, éviter la précarité

 

Si l'annonce a été jugée satisfaisante par la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), elle souligne néanmoins que « cet élargissement ne devra pas reposer sur l’utilisation de volontaires en service civique, mais plutôt permettre de créer des emplois adaptés, valorisables et flexibles pour les étudiants ». Un avis sûrement partagé par les syndicats professionnels, qui déplorent le recours à ces emplois précaires, rémunérés sur la base de vacations à l'heure, à la demi-journée ou à la journée.

 

Le ministère précise également que l'extension des horaires « pourra nécessiter une adaptation des cycles de travail des personnels de la filière des bibliothèques dans le cadre de la réglementation existante, après négociation au sein de l’établissement ». Les directeurs de BU risquent de s'arracher les cheveux, pour se retrouver avec la même coupe que leurs collègues des établissements publics :

 

« Motiver les personnels à travailler les dimanches pour 0,74 € supplémentaires, c'est assez difficile. On laisse les directeurs d'établissement face à cet état de fait, il faut que ce soit gagnant/gagnant pour tout le monde » expliquait ainsi l'un d'entre eux à l'été 2015.

 

Le ministère ajoute également la création de 25 emplois de coordonnateurs seront créés au sein des regroupements d’établissements, en 2017, pour assurer le suivi de l'amélioration des conditions d'accueil.

 

Parmi les propositions de la sénatrice Sylvie Robert pour l'extension des horaires d'ouverture des bibliothèques, on trouvait en numéro 16 la collaboration renforcée entre BU et bibliothèques publiques en faveur des usagers, une proposition reformulée par le ministère de l'Éducation en une coopération avec « les bibliothèques municipales, particulièrement dans des villes ne disposant pas d’université ».

 

  Dossier de presse Plan Bibliothèques ouvertes