L'Education nationale toujours en recherche de subventions à verser

Nicolas Gary - 17.04.2013

Edition - Economie - subventions - ministère de l'Education nationale - Printemps des poètes


La manifestation nationale du Printemps des Poètes, avait attiré toute l'attention possible sur son financement : le Centre National du livre avait apporté le soutien attendu, et conforme à la subvention que l'association attendait. Mais du côté du ministère de l'Éducation nationale, c'est une coupe de 40 % qui frappait : 60.000 € de moins, pour l'année 2012. De quoi mettre en péril la manifestation...

 

 

 

 

Le député André Chassaigne (Puy-de-Dôme, gauche démocrate et républicaine), avait interpellé le ministère de l'Éducation nationale, dans une question à l'Assemblée nationale. Rappelant la coupe dans la subvention, et soulignant les 15.000 manifestations organisées, et l'adhésion de milliers de personnes à travers le territoire, le député était curieux de savoir ce que le ministère allait mettre en place. La députée Laurence Abeille (Écologiste - Val-de-Marne), qui avait interrrogé le ministère sur le même sujet, a reçu une réponse en tous points identiques.

 

Eh bien, le ministère de Vincent Peillon a répondu à leurs attentes - quelque cinq mois plus tard. D'un côté, on « reconnaît pleinement la grande qualité de ces actions qu'il soutient régulièrement par l'octroi d'une subvention annuelle conséquente ». De l'autre, il faut rappeler que les subventions, et pas uniquement celle du Printemps, ont souffert de ce que « l'ensemble des crédits disponibles pour l'année 2012 ayant été distribué entre le 13 avril et le 4 mai par le gouvernement précédent ». 

 

Benoît Pichard, chef de cabinet de Vincent Peillon, interrogé par ActuaLitté, avait expliqué en novembre dernier combien la situation actuelle, pour les subventions, est désastreuse. « Quand nous sommes arrivés, l'ensemble des crédits était consommé, totalement épuisé, et l'arbitrage avait été expédié entre le 30 avril et le 4 mai. Des centaines d'associations, aidées par le ministère de l'Éducation nationale, étaient laissées sur le carreau par ce que l'ancien cabinet avait pu réaliser. » 

 

Dans la réponse parlementaire, on assure que le ministre, prenant ses fonctions, avait alors mis en place le plus rapidement possible les moyens pour pallier cet état de fait. L'Éducation nationale était en recherche de « moyens additionnels », destinés aux associations privées de leurs subventions. Et à l'heure actuelle, nombre d'entre elles sont encore en attente des versements pour l'année 2012. Le ministère ajoute qu'un fonds de solidarité exceptionnel a été mis en place, ainsi que ActuaLitté l'avait révélé en exclusivité.

 

C'est d'ailleurs grâce à ce fonds qu'une enveloppe de 10.000 € avait pu être débloquée pour la manifestation, début décembre. 

 

« Ce n'est toujours pas assez, je ne vous le cache pas. Nous sommes en train de minorer toutes les dépenses et sur le plus de postes possibles, pour tirer au maximum sur la subvention que nous avons reçue. Cependant, il manque toujours 50.000 € sur le montant prévu pour l'année 2012. Et surtout, l'année 2013 est toujours en question », nous expliquait l'association. Qui attendait avant la fin du premier trimestre, un arbitrage, fixant la situation. 

 

Conclusion, et le ministère compte bien, 110.000 € ont été versés au Printemps des poètes pour l'année 2012, contre les 160.000 attendus. Avec un message d'espoir : 

 

Enfin, des assurances ont été données aux représentants de l'association quant à la volonté totale du ministère de l'Éducation nationale de poursuivre et d'approfondir le partenariat qui le lie au « Printemps des Poètes » pour les années à venir.

 

Le ministère de la Culture, sollicité par la députée Cécile Untermaier (Saône-et-Loire - Socialiste, républicain et citoyen) avait déjà répondu pour évoquer son soutien à la manifestation : 

 

Il se traduit par un soutien pérenne via le Centre national du livre (CNL), l'un de ses opérateurs, qui, pour 2012, a attribué une subvention à l'association dont le montant s'est élevé à 272 000 €, auquel il convient d'ajouter 78 000 € alloués aux différents participants associés à cette manifestation. Le CNL, et plus largement les services du ministère de la Culture et de la communication, ont reçu de nombreux témoignages de la part de responsables d'établissement scolaire manifestant leur attachement à des actions engagées dans le cadre de cette manifestation.

 

Nous avons ainsi sollicité l'association, pour savoir quelles solutions de règlement avaient été proposées. Effectivement, l'association avait reçu l'assurance du ministère qu'avant le 31 mars, une réponse serait apportée. « Mais nous n'avons toujours rien reçu, de même qu'aucune des associations qui sont soutenues par le ministère de l'Éducation nationale. Seul un courrier de la DEGESCO nous informe qu'aucune décision n'a été prise. Bien entendu, cela nous permet de mesurer les difficultés du ministère, mais cela a une incidence sur l'ensemble des associations du réseau. »

 

Aujourd'hui, le Printemps a vu deux de ses collaboratrices quitter l'association, volontairement, après douze années passées à travailler dans cette structure. On comprend que la situation financière sera moins lourde, mais en regard du travail que toutes deux fournissaient, nous assure-t-on, la situation n'en sera que plus compliquée. Leur remplacement n'est d'ailleurs pas prévu dans l'immédiat. « Maintenant qu'ils ont écrit noir sur blanc que nous ont été données des assurances, je ne vois pas très bien comment ils pourraient revenir sur leurs déclarations », précise Mayse Pierson, administratrice du Printemps.