L'égalité hommes-femmes dans l'édition, un rêve de papier ?

Cécile Mazin - 20.03.2014

Edition - Société - inégalités hommes-femmes - industrie du livre - Salon du livre de Paris


Le Salon n'a pas encore officiellement ouvert ses portes que les tracts syndicaux attendent déjà ceux qui vont à la rencontre de la présidente argentine, qui sera présente pour l'inauguration, ce soir. La CGT dénonce en effet un état de fait qui, dans l'édition, devient comme ailleurs insupportable. L'égalité entre hommes et femmes serait-elle l'une de ces utopies dont on fait les romans de science-fiction ?

 

 

 

 

 

Avec 3/4 des personnes travaillant dans l'édition qui sont des femmes, la CGT annonce que « c'est un quart de salaire de mois par rapport aux hommes ». Or, ces travailleuses du livre seraient majoritairement à temps partiel, travaillant à domicile ou en CDD. « Un accord sur l'égalité existe. Mais il n'en porte que le nom », rajoute le tract. En réalité, rien ne serait fait, ni objectif, ni engagement, ni mesure concrète. 

 

Dans le milieu des cadres de l'édition, les inégalités de carrières et de rémunération entre hommes et femmes seraient d'ailleurs encore plus fortes. Et bien entendu, les femmes subissent également les stéréotypes sexués que l'on imagine. « Il est intolérable que de telles inégalités professionnelles persistent aujourd'hui dans l'édition. C'est contraire aux principes les plus élémentaires de justice sociale », poursuit le syndicat.

 

Ce dernier aborde en quatre points, une série de mesures à prendre, pour corriger un tir qui dévie sévèrement. 

 

Tout d'abord, faciliter l'articulation vie familiale-vie professionnelle, notamment en empêchant les réunions après 18h. D'autre part, que des sanctions soient prises dans les sociétés où l'on constate de trop grands écarts de rémunération. 

 

Paradoxalement, il faudrait « instaurer la mixité au travail et revaloriser financièrement les métiers à prédominance féminine, parce qu'il n'est pas normal qu'une secrétaire bac+2 gagne moins qu'un technicien bac+2 ». Enfin, la CGT, « mobilisée toute l'année pour gagner l'égalité » réclame que l'on instaure l'action de groupe. Celle-ci permettrait « aux organisations syndicales d'aller en justice et d'obtenir réparation pour tout-e-s les salarié-e-s victimes d'une même discrimination ».