L’ENA observe aussi la baisse du niveau en orthographe

Victor De Sepausy - 23.03.2017

Edition - Société - ENA - orthographe - niveau


Dans l’édition 2016 du rapport de jury du concours d’entrée à l’ENA, les examinateurs relèvent une baisse du niveau en orthographe des candidats. Cependant, les personnes chargées du recrutement des futurs énarques se refusent à entrer dans toute théorie décliniste.

 

(Crédits photos : CC BY SA 2.0 - Harry Alverson)

 

 

Les rédacteurs du rapport préfèrent plutôt noter la présence de profil plus divers, voire plus complet, maîtrisant certes moins bien la langue de Molière mais connaissant souvent plusieurs langues, ayant fait de nombreux séjours à l’étranger.

 

S’il est noté que « La lecture et la compréhension du sujet posent encore problème à de trop nombreux candidats », le niveau initial des candidats est toujours « très élevé ». Le président du jury Thierry Bert, lui-même énarque et inspecteur général des finances, met en avant la fameuse bienveillance qui, du primaire à la formation des élites, se retrouve maintenant à tous les échelons du système éducatif français.

 

Il s’agit de s’intéresser à la forme, bien sûr, mais aussi et surtout au fond, en accordant une importance moindre que par le passé à l’orthographe. Thierry Bert souligne même qu’ « on n’écrit plus comme Montaigne ou Richelieu, pourtant fondateur de l’Académie. » Et d’ajouter que l’orthographe reste un «marqueur social, et qu’il faut donc relativiser son importance si l’on veut pratiquer des recrutements innovants ».

 

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Il paraît plutôt curieux de convoquer Montaigne pour parler de la rigidité de l’orthographe alors même que le célèbre philosophe écrivait à une époque où la norme était loin d’être fixée et dans les pages des Essais, l’orthographe d’un même mot peut varier fortement.