L'entrée de la bibliothèque de Manchester refusée aux bulldozers

Clément Solym - 02.10.2012

Edition - Bibliothèques - Manchester - recyclage - livres


Les auteurs britanniques avaient joué des pieds, des mains et de la plume, pour voler au secours de l'établissement de la ville de Manchester, dont le catalogue était plus que menacé. Les grands noms se sont unis pour donner de la voix, qui à se la casser, et empêchera la destruction de centaines de milliers d'oeuvres que la plus grande bibliothèque municipale du pays détenait. 

 

L'appel avait été lancé par Carol Ann Duffy, et fut rejoint par nombre d'autres auteurs. C'est qu'après trois années de restauration, la bibliothèque voulait se débarrasser de 210.000 ouvrages, qui allaient partir au pilon et au recyclage. Des ouvrages de non-fiction, pour l'essentiel, que les auteurs décrivaient comme « un vandalisme culturel à l'échelle industrielle ». 

 

Et de faire remarquer que les oeuvres étaient aussi importantes, sinon plus, que le bâtiment qui les préservait. Et l'entreprise poursuivait une destruction massive, débutée voilà 18 mois, et dont personne ne peut réellement dire combien de victimes elle a pu faire. 

 

La décision prise d'évacuer les livres résulterait d'un mauvais calcul de la quantité de rayonnages nécessaires dans la nouvelle bibliothèque. Mais qu'importe, pour les auteurs, impossible de laisser faire. Et de souligner qu'il revenait au Conseil de la ville de se prononcer sur le sort des livres, et non aux politiciens ni aux bureaucrates. Les responsables de l'établissement avaient ouvert la discussion, préférant se mettre autour de la table plutôt que de risquer les foudres de l'opinion publique. 

 

Grand bien leur en a pris, puisque le collectif Friends of Central Library n'en démordait pas. Celui-ci est cependant fier d'annoncer que les livres sont désormais, bien que provisoirement, sauvés. Ils seront entreposés jusqu'à nouvel ordre dans un lieu de stockage, dont les conditions de préservation ne garantissent cependant pas la sécurité. 

 

Du reste, la directrice générale adjointe du Conseil de la ville de Manchester, Vicky Rosin, persiste, selon le Guardian. « Les livres qui ont été retirés sont des doublons, des ouvrages obsolètes ou dépassés. Tous les objets rares et précieux, historiques ou concernant la vie locale ont été préservés. »

 

Selon elle, toute cette campagne fut un brin alarmiste... Mais les auteurs sont tellement contents...