Informer le public américain des mutations que vivent les bibliothèques

Cécile Mazin - 21.09.2015

Edition - Bibliothèques - numérique bibliothèques - lecture livres - public digital


Les bibliothèques américaines doivent faire savoir que leurs services évoluent, reconnaît Sari Feldman, président de l’American Library Association. La semaine passée, une enquête de Pew Research a montré combien les Américains sont attachés à ces lieux et leur manifestent un intérêt tout particulier. Cependant, la fréquentation serait en légère baisse, et dans le même temps, la demande en services numériques continue de croître.

 

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Charlotte Henard, CC BY SA 2.0

 

 

À travers le territoire étatsunien, une campagne nationale s’apprête à démarrer, Libraries Transform, signale la présidente de l’ALA. Sari Feldman indique que les établissements de prêt gardent une place privilégiée dans le cœur du public. Cependant, son organisation enregistre également, conformément aux résultats de l’enquête, que la fréquentation diminue. Ainsi, il faut faire preuve d’une plus grande écoute et dans le même temps, sensibiliser le public aux transformations de leurs services.

 

Les bibliothèques poursuivent donc « le lancement d’une campagne nationale de sensibilisation du public, intitulée Libraries Transform ». 

 

Il ne s’agit plus simplement de montrer quelle est l’évolution à l’intérieur des murs, mais surtout de « changer la perception, de “bibliothèques qui ne sont que des endroits calmes pour faire des recherches, trouver un livre, etc.”, pour montrer que les établissements sont au cœur des communautés. Des endroits pour apprendre, créer, et partager avec l’aide des bibliothécaires et les ressources qu’ils apportent », ajoute la présidente.

 

« C’est un moment enthousiasmant pour les bibliothèques, alors que les institutions changent pour aller à la rencontre du monde digital et de l’imprimé et répondre aux besoins en la matière. » Tout en continuant de remplir leur rôle auprès de ceux qui ont besoin d’accéder aux technologies et de réaliser des recherches. 

 

La confiance des usagers, définitivement acquise

 

Parmi les différents résultats de l’enquête, Sari Feldman note que 65 % des répondants s’appuient sur ce qu’ils y trouvent pour savoir à quelles informations se fier. Mais également que 75 % y ont recours, efficacement, pour apprendre à utiliser les nouvelles technologies.

 

De même, 78 % d’entre eux croient que les établissements sont efficaces dans la promotion et la valorisation de la lecture, ainsi que dans le soutien à l’alphabétisation. 

 

La campagne Libraries Transform, présentée en juin dernier, a été conçue pour augmenter la portée, auprès des usagers déjà conquis, des vertus de ces lieux. Et pour ceux qui n’en sont pas encore utilisateurs, de trouver de réelles raisons pour s’y rendre. Présenter la mutation naturelle qui s’opère actuellement et dans le même temps, montrer l’importance cruciale des lieux, à l’ère du numérique : deux joyeux défis. 

 

Entre autres résultats, on notait en effet que, dans l’esprit des utilisateurs, des efforts doivent être opérés dans l’équipement numérique. Selon l’institut de sondage Pew, deux camps s’affrontent toujours : « Ceux qui soutiennent l’idée que les bibliothèques doivent s’adapter à un monde où de plus en plus d’informations arrivent sous forme numérique, accessibles à tout moment et n’importe où » et ceux qui « espèrent que les bibliothèques vont garder ses fonctions premières telles que le prêt de livres imprimés ».

 

Dans le même temps, on découvrait que seuls 6 % des Américains avaient recours au service de prêt de livres numériques. Selon l’American Library Association, ce sont pourtant 90 % des bibliothèques américaines publiques qui proposent des prêts de livres numériques. Paradoxalement, les usagers prennent ainsi tout juste conscience d’un des principaux services numériques proposés par leurs bibliothèques : le prêt de livre numérique. 

 

Une reconnaissance tardive, certes, mais en augmentation : quelque 38 % des usagers interrogés avouent savoir que leur bibliothèque publique propose des livres numériques, contre 31 % en 2012. Les étudiants (52 %), puis les parents (44 %) sont les plus au courant.