L'espionnage des masses conduit les écrivains à l'auto-censure

Julien Helmlinger - 07.01.2015

Edition - International - PEN - Surveillance - espionnage - Censure


Dans son livre No Place to Hide, le journaliste Glenn Greenwald, à l'origine de la publication des révélations de Snowden, estime que le simple fait de savoir que les gouvernements observent les masses suffisait à avoir un effet dissuasif sur les comportements. Visiblement, il n'avait pas tort. Selon une enquête commandée par PEN au FDR Group, face aux scandales de surveillance, des écrivains du monde entier se livreraient à l'autocensure.

 

 

 

L'enquête est intitulée Global Chilling : The Impact of Mass Surveillance on International Writers. Selon le sondage : 84 % des écrivains basés dans les 5 pays partageant activement des infos de surveillance avec les USA, dont le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni, prétendent être « très » ou « assez » préoccupés par les niveaux actuels de surveillance gouvernementale en leurs pays.

 

Les répondants ont également affirmé s'être autocensurés ou avoir renoncé à participer à certains débats de peur de se trouver dans le collimateur de Big Brother. Ils sont ainsi 40 % à confier avoir renoncé, ou songé renoncer, à l'expression d'un sujet particulier, et 43 % a avoir considéré l'éventualité de mettre fin à leur activité sur les réseaux sociaux. 33 % des auteurs sondés ont banni des sujets de leurs conversations téléphoniques ou échanges d'emails en ces 5 contrées de l'alliance Five Eyes.

 

Le bilan que tire PEN de son enquête est le suivant : « Les préoccupations à propos des politiques de surveillance gouvernementale dans les pays démocratiques sont maintenant presque aussi élevées que dans les États non démocratiques. » En ce sens, le New York Times avait cité l'écrivain Hari Kunzru, qui disait que « le sentiment qu'Internet guette par-dessus votre épaule est désormais universel ».

 

Pour l'organe dénonciateur de la censure, « la surveillance de masse menée par les USA a gravement endommagé la liberté d'expression partout dans le monde ». L'enquête est publiée en ligne.