L'État islamique en Irak et au Levant détruit 8000 livres rares à Mossoul

Clémence Chouvelon - 25.02.2015

Edition - International - État islamique en Irak et au Levant - EIIL Mossoul bibliothèques - 8000 livres rares destruction


L'État islamique en Irak et au Levant (EIIL, ISIS en anglais) a bombardé la bibliothèque de la ville de Mossoul, au nord de Bagdad, dans la nuit du dimanche 22 février dernier. Ce sont plus de 8000 manuscrits et livres rares qui ont été brûlés et pillés, dans une tentative de détruire les idées et savoirs ne relevant pas de leur idéologie.

 

 The House of Leaves - Burning 3

(photo d'illustration, LearningLark, CC BY 2.0)

 

 

La Bibliothèque de Mossoul, créée en 1921, est le symbole d'un Irak moderne. Mossoul, ville d'histoire et de culture, est l'une des plus grandes villes universitaires et de recherche du Moyen-Orient. La ville est contrôlée depuis 2014 par l'EIIL, qui a détruit ou volé plus de 100.000 livres depuis le début d'une campagne destructrice. Hakim Al-Zamili, à la tête du comité Sécurité et Défense du Parlement irakien, explique que l'État islamique en Irak et au Levant considère « la culture et les sciences comme leurs plus grands ennemis ». 

 

Riyadh Mohammed, du journal The Fiscal Time, insiste sur la gravité de ces pertes pour la ville de Mossoul : « Parmi les collections perdues se trouvaient des manuscrits du XIXe siècle, des livres syriens imprimés dans la première imprimerie d'Irak au XIXe, des livres de l'ère ottomane, des journaux irakiens du début XXe et des antiquités de l'Arabie préislamique, comme un astrolabe et un sablier. La bibliothèque a recueilli les bibliothèques personnelles de plus de 100 éminentes familles de Mossoul du siècle dernier. »  

 

La Bibliothèque de Mossoul a déjà été pillée à plusieurs reprises, les premières datant d'une dizaine d'années. En 2003, les habitants les plus aisés s'étaient mobilisés pour reconstruire la collection de la ville en rachetant les livres que les pilleurs tentaient de revendre. En décembre dernier, d'autres sites culturels comme une bibliothèque sunnite, l'Église latine et le monastère des Dominicains ont subi de lourdes pertes.