L'évasion fiscale d'Amazon irrite les libraires indépendants

Julien Helmlinger - 22.05.2013

Edition - International - Evasion fiscale - Amazon - Royaume-Uni


Depuis la publication, la semaine passée, de rapports concernant le bilan fiscal d'Amazon UK, le géant américain a monopolisé les gros titres de la presse britannique. Une entreprise capable de profiter du système, engrangeant plus de subventions gouvernementales sans qu'elle ne reverse de taxes, a de quoi susciter une certaine irritation.  Et ce, au point que le néologisme « faire une Amazon » est désormais utilisée outre-Manche ; cela désigne une manoeuvre d'évasion fiscale à grande échelle. 

 

 

 

 

Les libraires indépendants, quant à eux, s'insurgent face au hold-up. Ainsi, deux revendeurs indépendants, Keith et Frances Smith, patrons des échoppes Warwick Books et Kenilworth Books, dans le Warwickshire, exhortent désormais le gouvernement à faire une promesse : celle qu'aux mots finiraient par succéder les actes, et qu'Amazon ait à s'acquitter de justes taxes.

 

Ces professionnels avaient déjà été à l'initiative d'une pétition adressée à David Cameron et Downing Street, au cours du mois d'avril dernier, appuyée de près de 170.000 signatures.

 

Des suites des dernières révélations au sujet de la fiscalité du géant en ligne, les deux militants évoquent à nouveau la nécessité de prendre de véritables mesures. Selon eux, si le marché des boutiques physiques s'effondre, que le gouvernement n'est pas en mesure de le soutenir financièrement, il serait d'autant plus malvenu qu'Amazon ne reverse pas sa juste part d'impôts. Est pointée la disparition du choix du consommateur, une entorse à la bonne concurrence.

 

Via leur blog, les libraires communiquent désormais sur cette idée de fragilité de l'activité des boutiques de brique et de mortier, tout en défendant une certaine idée de la culture de la lecture et du lien communautaire que les librairies peuvent susciter entre les lecteurs. Un rappel également de la colère de certains clients, impuissants, qui voient disparaître leurs enseignes favorites. Et un métier de libraire qui devrait selon eux être soutenu par les actions de l'État.

 

Pour les libraires militants, ce serait la moindre des choses que d'attendre d'un État civilisé qu'il ponctionne des taxes équitables, que ce soit auprès des petits magasins indépendants comme des multinationales.