L'ex petit ami de Belle de Jour obtient des excuses

Cécile Mazin - 29.07.2013

Edition - Justice - Belle de jour - procès - diffamation


Il ne fait pas bon d'être le petit ami d'une ancienne call-girl et blogueuse :  la célèbre Belle de jour, alias Brooke Magnanti, dont la vie avait inspiré une série télévisée, s'était retrouvée en justice. Son ex avait porté plainte pour de fausses déclarations faites à son encontre. Owen Morris, ancien officier de la Royal Air Force, avait affirmé qu'avec ses déclarations, son ex avait littéralement détruit sa réputation. 

 

 

 

 

Joseph Kessel doit bicher : que le titre du roman publié en 1928, où il racontait l'histoire de cette prostituée n'offrant ses charmes qu'en journée, vient de créer un nouveau scandale. La Belle de Jour britannique avait assuré que le comportement de son ex était devenu si menaçant, qu'elle avait demandé une ordonnance restrictive contre lui. C'est du moins ce qu'avait affirmé le Sunday Times, mis en cause dans la procédure.  

 

Ayant travaillé pour une agence entre 2003 et 2004, Brooke était l'employée d'une agence d'escort girls, et tenait en parallèle un blog. Elle y racontait régulièrement ses aventures sexuelles, et Morris, son mec de l'époque, ne fut pas vraiment passé sous silence. 

 

Or, Belle de Jour s'était également fendue d'un roman autobiographique, reprenant les billets de son blog. « La triste réalité est diamétralement opposée au mythe commercialisé », explique Owen, qui vient de remporter une partie de sa procédure, devant la Haute cour de justice. 

 

Le Sunday Times a été contraint de présenter des excuses publiques, pour avoir publié les déclarations sans fondement de la call girl. Dans un tweet, celle-ci rappelle également que des excuses lui avaient également été présentées en février dernier - un peu comme s'il s'agissait de modérer le succès de son ex : 

 

 

La procédure qui l'opposait au journal prend donc fin, sans pour autant que l'ensemble des procédures ne s'achèvent. D'ailleurs, l'intéressée a bien établi la distinction : « Le journal s'excuse pour son propre compte. Personne ne s'est excusé en mon nom. » Un tribunal écossais doit en effet répondre qu'une plainte pour violation de la vie privée, concernant le livre, The Intimate Adventures of a London Call Girl. 

 

L'identité de Brooke Magnanti ne fut révélée qu'en 2009, soit près de cinq ans après la publication du premier livre. Cette dernière est une spécialiste en neurotoxicologie et épidémiologie du cancer. Ce secret fut longtemps considéré comme l'un des meilleurs du milieu littéraire et le mieux gardé.

 

Brooke avait décidé de briser le secret, notamment pour contrer des accusations portant sur ses textes, qui auraient embelli l'activité nocturne de péripatéticienne. « Certaines travailleuses du sexe ont vécu une expérience terrible. Pas moi. J'ai été incroyablement chanceuse à divers égards. Le personnel de l'agence s'occupait très bien de nous et nous ont appris les manières de ne pas se mettre en danger. »