L’Express sur la sellette, François Busnel quitte le groupe

Julie Torterolo - 14.10.2015

Edition - Société - François Busnel - L'Express - motion de défiance


Les journalistes de l’Express ont décidé de réagir contre un plan social visant 125 salariés. Ils ont ainsi voté, hier, une motion de défiance à l’encontre du nouveau propriétaire Patrick Drahi et du directeur des rédactions, nommé en juin à la tête des rédactions du groupe Atlice médias, Christophe Barbier. Et la tension de ne s’arrête pas là : François Busnel, la figure littéraire du groupe, a également annoncé son départ. 

 

Photo ©Jean-Philippe Baltel/FTV/SIPA

 

 

Avec pour principale raison un désaccord avec le nouvel actionnaire, ce sont en réalité deux plumes qui ont décidé de quitter le groupe. Renaud Revel, un des rédacteurs en chef spécialiste des médias, a en effet suivi le pas de François Busnel. Ce dernier, animateur à La Grande Librairie — consacrée en août émission la plus préscriptrice pour la vente de livres —, est également directeur de la rédaction du magazine Lire ainsi qu'éditorialiste pour la magazine L'Express depuis quelques années. 

 

Et ce ne sont pas les seuls à montrer leurs désaccords : 115 journalistes ont voté pour la motion de défiance, tandis que 85 étaient contre. Une autre motion uniquement à l’encontre des nouveaux actionnaires a, quant à elle, recueilli 175 voix favorables. 

 

Le plan social pointé du doigt prévoit le départ de 125 salariés ainsi que 8 pigistes permanents au sein du groupe rassemblant notamment L’Express, L’Expansion, Mieux vivre votre argent, Point de vue, Studio Cinélive, L’Etudiant ou encore Lire. Des licenciements qui s’ajouteraient aux 115 départs volontaires de cet été, nous apprend l’AFP. 

 

« Je préfère accompagner ce PSE (ndlr: plan de sauvegarde de l’emploi) plutôt que prendre mes sous et partir », avait expliqué Christophe Barbier fin septembre à l’AFP. « Je veux protéger les moyens nécessaires pour faire un nouvel Express, mais je ne resterai pas à la tête d’un magazine qui ne paraît pas ».  

 

Selon L’Express qui rapporte les propos de ses salariés, la motion à l'encontre de Christophe Barbier et Patrick Drahi dénonce notamment « des services entiers voués à disparaître et la contradiction flagrante entre l’objectif annoncé — des médias de grande qualité — et l’attribution des moyens ». 

 

Les ventes du magazine — en chute constante depuis trois ans — ont baissé de 6 % ces douze derniers mois. Le groupe L’express-L’Expension a perdu 9 millions d’euros en 2014.