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L'histoire afro-américaine, vue par un prisonnier noir, en 1850

Clément Solym - 16.12.2013

Edition - International - prisonnier - afro-américain - témoignage


La semaine passée, un manuscrit faisait vivement parler de lui : daté de 1858, ce texte avait été exhumé par un marchand de livres rares, rachetés à quelques héritiers ignorants. Il s'agirait du premier livre de mémoires écrit par un Afro-américain, depuis la prison où il résidait. L'université de Yale avait acquis le document, pour son département de manuscrits rares. 

 

 

 

 

En tout, 304 pages, qu'Austin Reed rédigea, pour faire état de son incarcération dans ce qui fut le premier centre pour jeunes délinquants, entre les années 1830 et 1850. The Life and Adventures of a Haunted Convict, or the Inmate of a Gloomy Prison, relate un ensemble de faits rares, et précis, suffisamment pour sembler authentiques, le tout avec une tonalité très lyrique, assuraient les experts. 

 

Eh bien voilà que le livre a maintenant un éditeur, en l'occurrence Random House, qui a acquis les droits de publication, pour un montant de 6 chiffres, selon une personne proche du dossier. C'est avec une préface de David Blight, professeur d'histoire américaine à Yale, que le livre paraîtra, à l'horizon 2016.

 

« C'est l'histoire d'une vie difficile, explorant quelques-uns des liens profonds entre la race et l'incarcération en Amérique », se contente de souligner David Ebershoff, éditeur chez RH, et responsable de cette publication. 

 

Tout l'intérêt du texte réside en effet dans le témoignage historique qu'il apporte, enrichissant toutefois considérablement les canons de la littérature afro-américaine du XIXe siècle, et ouvrant la voie à de nouvelles approches de ce segment, assurent les chercheurs. Si l'on constate des erreurs grammaticales et orthographiques, le manuscrit fait état d'un véritable talent de conteur, même si l'anglais semble assez mal dégrossi. 

 

Âmes sensibles s'abstenir, on y relate des scènes, pour l'époque tout à fait classiques de tortures et autres violences : coups de fouet, immersion sous l'eau, dans une baignoire, donnant l'illusion de la noyade - choses parfois fatales... Pour mémoire, le centre d'Auburne allait devenir, en 1890, le premier établissement à pratiquer la peine capitale avec une chaise électrique...

 

via NYTImes