L'histoire d'amour des Britanniques avec le livre papier, “loin d'être terminée”

Clément Solym - 13.05.2016

Edition - Economie - Angleterre industrie livre - édition livres imprimés


L’industrie du livre britannique affiche une très belle santé pour son année 2015 : la Publishers Association rapporte que l’ensemble de ses éditeurs membres ont généré 4,4 milliards £. Attention : ce chiffre implique les ventes de livres et de revues. « Les chiffres révèlent aussi que l’histoire d’amour du Royaume-Uni avec le livre est loin d’être terminée », note la PA. En effet, pour la première fois, en 2015, les ventes d’imprimés ont augmenté alors que celles d’ebooks sont en baisse.

 

London Book Fair 2016

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

C’est une première, depuis quatre années d’études et d’analyses des ventes : les ventes de livres numériques sont en recul, alors que, face à eux, les livres papier ont gonflé. Probablement à cause de l’humidité. Concrètement, le marché affiche une croissance de 1,3 %, et les ventes physiques ont grimpé de 0,4 % à 2,760 milliards £ contre 2,748 milliards £ en 2014.

 

Les recettes d’exportations ont légèrement baissé, indique la PA, perdant 3 %, à 1,42 milliard £ – l’éducation, l’universitaire et l’apprentissage de l’anglais représentent les deux tiers de ce segment. 

 

Côté non-fiction, la croissance affichée est de 759 millions £, soit + 9 %. Une augmentation identique pour les livres scolaires, qui s’établissent à 319 millions £. L’édition de revues académiques poursuit le même mouvement avec 5 % de croissance, à 1,1 milliard £. Les téléchargements de livres audio annoncent de leur côté + 29 % pour l’année 2015.

 

« Ces chiffres montrent que l’industrie de l’édition au Royaume-Uni continue de se renforcer et que l’amour du Royaume-Uni pour la chose imprimée est encore loin d’être terminé », commence Stephen Lotinga, directeur de la PA. « Le digital est toujours un élément extrêmement important de l’industrie, mais il semblerait qu’il demeure à une place spécifique dans le cœur des consommateurs, alors que les livres papier peuvent apporter un plaisir esthétique ».

 

Ou alors, plus concrètement, la hausse des prix de vente des livres numériques a provoqué une diminution des ventes. Concrètement, l’ebook perd 1,6 % à 554 millions £ contre 563 millions £ en 2014, « la première baisse en sept années », note la PA.

 

Shakespeare peut se réjouir !

 

Si les éditeurs britanniques se réjouissent de ce retour du livre papier, l’absence de données sur le segment – grand format ou poche – qui a profité de cet essor permet de rester dubitatif. Ce que l’on sait, c’est que la valeur facturée des ebooks est à la baisse de près de 11 %, par rapport aux 245 millions de 2014.

 

En terme d’exportation, l’industrie britannique se positionne très bien, même si l’année 2015 présente un léger recul. Comme une piqûre de rappel, indique le directeur, « sur l’importance d’entretenir de bonnes relations avec les marchés plus importants ». 

 

Ed Vaizey, ministre de la Culture et de l’Économie numérique, qui a fort à faire avec la situation des bibliothèques britanniques, prend tout de même le temps d’un commentaire. Selon lui, le secteur rencontre « un énorme succès ». Le ministre se dit « ravi de le voir se développer ». « L’industrie de l’édition contribue pour 10,2 milliards £ par an à l’économie britannique. Ces derniers chiffres sont de bonnes nouvelles, en particulier durant l’année où nous célébrons l’une des plus célèbres exportations littéraires du royaume, William Shakespeare»

 

Quant à la meilleure vente de l’année 2015, ni plus ni moins que le Fifty Shades of Grey, du point de vue de Christian, que EL James a fait paraître : 1,075 millions d’exemplaires écoulés. Des envies de flagellation ?