L'hommage de Stephen King à William Peter Blatty, auteur de L'Exorciste

Nicolas Gary - 14.01.2017

Edition - International - William Peter Blatty - Stephen King horreur - Exorciste William Friedkin


« Le grand roman d’horreur de notre époque. » Quand le compliment vient de Stephen King, on le savoure. Adressé à l’auteur de L’Exorciste, William Peter Blatty, on s’en délecte même. Auteur du roman d’horreur adapté adapté au cinéma par William Friedkin, il est décédé à l’âge de 87 ans.

 

Ciao, l'artiste...

 

 

En 1971, le roman The Exorcist sort : cette histoire de jeune fille possédée par un démon malveillant va faire tourner des têtes... littéralement. Puis, voici qu’en 1973, William Peter Blatty signe le scénario d’un film qui recevra un Oscar. La légende de l’Exorciste est née : rarement un film de genre, et de ce genre, aura été oscarisé pour son scénario.

 

Né en 1928 de parents libanais, Blatty ne vécut que très peu à New York : il déménagea à plusieurs reprises au cours de son enfance, ses parents rencontrant de sérieuses difficultés financières. Durant sa formation, il passa par une école de jésuite – dont on ne peut ignorer qu’elle ait exercé de l’influence dans l’écriture de L’Exorciste. Le père Karras, qui procédera à l’exorcisme dans le livre est en effet confesseur chez les Jésuites, et en pleine crise de foi...

 

Le livre sera vendu à plus de 10 millions d’exemplaires, et le film adapté aura dépassé les 400 millions $ de recettes – avec Linda Blair dans le rôle de la jeune fille de 12 ans habitée par des forces sataniques.

 

Marié quatre fois, il eut sept enfants. Sa veuve, Julie, a confirmé son décès dans un hôpital du Maryland, des conséquence d’un cancer du sang, ou myélome multiple.

 

Le maître de l’horreur, de même que le réalisateur du film, ont rendu hommage à l’homme et son œuvre, devenue une véritable licence par la suite. Plusieurs suites furent réalisées : la première suite fut publiée en 1990, et d’autres suivirent, mais également des déclinaisons en comics ou encore dans le cadre d’une série télévisée diffusée sur la Fox en 2016.

 

Blatty assurait : « J’ai lu des théories, dont certaines étaient parmi les plus ridicules, même chez des critiques que je respecte : le roman symboliserait la rébellion adolescente, ou d’autres non-sens sociologiques. Il n’y a pas de message caché. Le livre est le livre, et il dit ce que je voulais dire. »

 

 

 

« Personne ne s’attendait à ce que l’histoire se produise ici », expliquait Blatty, soulignant que le choix de Washington était crucial pour maintenir la tension du film. Le réalisateur avait en effet voulu basculer vers la ville de Salem, dans le Massachusetts – une dimension plus attendue pour des événements maléfiques. Et n'oublions pas que son livre s'inspire d'une histoire vraie, dont Blatty avait entendu parler.

 

Cette histoire, il l’avait lue au cours de ses études universitaires : elle serait arrivée en 1948, alors qu’un jeune garçon de 13 ans, Robbie Mannheim, a commencé à découvrir des traces sur son propre corps. Dans le même temps, des événements étranges ont eu lieu à l’intérieur de sa maison : des objets qui se déplacent, griffures sur les murs et le sol. Bien entendu, on tenait là un excellent sujet pour un livre... mais encore fallait-il lui donner la puissance que Blatty a su apporter.

 

 

Entre autres œuvres, Blatty avait signé plusieurs scénarii, comme un la comédie Pink Panther en 1964 ou encore, The Ninth Configuration, adaptation du roman graphique qui lui rapporta un Golden Globe.

 

Son dernier roman, paru en 2010, Crazy, fut salué pour sa tendresse, particulièrement drôle. Il y racontait l’histoire d’un scénariste octogénaire et la vie avec son infirmière. L’influence de son livre, sur des générations d’écrivains, mais également à travers le film, est profonde.