L'homme livre pour célébrer la 20e Fête de la librairie et du droit d'auteur

Clément Solym - 04.04.2018

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Chaque année, la librairie indépendante se pare de ses plus beaux atours. À l’occasion de la Sant Jordi, journée de célébration de la lecture en Espagne, la France suit le mouvement. Et les libraires offrent, avec le livre qu’on leur achète, une rose. 


Homme livre
ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

Pour cette 20e édition, ce sont 480 libraires de France, Luxembourg, Belgique et Suisse romande qui prendront part à l’opération. Pour l’occasion, un livre tiré à 23.000 exemplaires sera offert aux clients, durant la journée du samedi 28 avril. Réalisé en partenariat avec Actes Sud, le livre pose quelques questions cruciales.

 

Le projet ? « Comment faire ressentir aux jeunes générations confrontées à la dématérialisation de la lecture, cette vie incroyable, intense et silencieuse, d’un homme avec un livre ? » Un homme ? Pas une femme ? Oui, parce qu’il s’agit, poursuit-on, de déjouer « la sombre prédiction d’André Schiffrin », qui prophétisait l’édition sans éditeur.

 

Le livre met ainsi en avant « trente et une maisons d’édition ou collections contemporaines, que les libraires adorent célébrer ou faire découvrir dans leur pratique ». Le tout est accompagné des photos de Jérôme Bonnet, qui est parti à la rencontre « de femmes-livres ou hommes-livres, souvent dans l’ombre. Il les a incarnés et mis en lumière en réalisant d’eux trente et un portraits photographiques intrigants ».
 

L’ouvrage dispose d’une préface signée par Jean-Paul Capitani, directeur du développement du groupe Actes Sud, qui avait pris la place de Françoise Nyssen une fois nommée ministre de la Culture.

 

« Ce que j’ai le plus aimé, c’est vendre des livres, des livres le plus souvent pas lus. C’était bien plus tard un souci esthétique, le livre était une charge trop belle pour moi, un inaccessible », écrit-il. 

 

« L’école peut ravager un enfant, j’avais été relégué en “moderne” alors que je savais que le latin/grec était la voie royale. Mais que faire ? À 9 ans et demi en sixième classique, mon destin était scellé : “Pas littéraire”. 

 

Je fus chassé, et un jour, bien plus tard, j’ai vendu des livres comme un jeu, en sachant que je n’allais pas gagner d’argent, mais que c’était beau !
 

Et je voyais partir les livres avec leurs lecteurs, avec le sentiment de faire quelque chose de nécessaire, d’utile.
 

On n’apprend que de l’autre et à mon époque, encore aujourd’hui on apprend de cet autre rendu intime par le truchement du livre. »


Marie Hermann
ActuaLitté CC BY SA 2.0


 

On trouve une autre préface, signée de Marie-Rose Guarniéri, de la librairie Les Abbesses à Montmartre. En tout, ce sont 32 éditeurs qui sont portraitisés, avec, parfois, un entretien, un poème ou quelques mots et une photo, toujours. 

 

« Afin de parler de ce que les libraires doivent aux éditeurs et à leurs catalogues, j’emprunterai ce titre : Grâce leur soit rendue, des mémoires du grand éditeur Maurice Nadeau. Il s’adressait aux écrivains de son merveilleux catalogue et aujourd’hui, au nom de tous les libraires, je l’adresse aux éditeurs, ces hommes et femmes de l’ombre qui ont ensorcelé ma pratique...

 

Ensemble, nous menons jour après jour une guerre du goût pour défendre la fragilité de textes enchanteurs qui déplacent les lignes. »


Bruno Doucet
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 




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